La pluie réjouit les agriculteurs

Après un hiver très sec, le printemps a été très pluvieux : soulagement pour les nappes phréatiques et bonus pour les cultures pour peu que le soleil arrive.

Infographie NR Source : Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) Centre, carte actualisée au 17 juin 2012.

Paradoxe : selon Météo France, nous avons eu le deuxième hiver le plus sec depuis 60 ans (58 mm de précipitation à Tours) et consécutivement le deuxième printemps le plus pluvieux pour la même période. Il est tombé en trois mois pratiquement 300 mm d’eau (juin n’est pas terminé). « Ce n’est pas un record », précise-t-on à la station tourangelle de Météo France. « Au printemps 1983, on avait eu 326 mm. »

La caractéristique de ces précipitations, c’est qu’elles ont été souvent orageuses : des secteurs ont été plus arrosés que d’autres (120 mm d’eau à Amboise en juin). « La caractéristique de ces six premiers mois 2012, c’est une situation bloquée », explique le météorologue. « Blocage sur un temps sec cet hiver, sur un temps humide ce printemps. Pas d’anticyclone durable : ce qui veut dire météo instable et remontées orageuses. »
Quelles conséquences ont eues ces pluies de printemps ? Elles ont soulagé les nappes phréatiques. « Il n’a pas été nécessaire d’irriguer », confie Jean-Luc Chaumier, directeur départemental de l’agriculture. Mais elles n’ont pas entraîné de retour à la normale.

Infographie NR Source : Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) Centre, carte actualisée au 17 juin 2012.

«  Année de foin, année de rien  »

Pour qu’il y ait recharge des nappes, il faut de la pluie quand la végétation n’est pas active, ce qui n’est pas le cas au printemps. « Une prairie peut absorber jusqu’à 7 mm d’eau par jour en situation d’ensoleillement », avance un agriculteur. Et ce printemps pluvieux est venu après trois hivers secs : le niveau des nappes est donc toujours faible, voire très faible, en Touraine, surtout à l’est, même si l’on observe une légère remontée. Par contre, la pluviométrie est visible sur les cours d’eau qui affichent des niveaux élevés en cette période de l’année. Pour ce qui est des cultures, l’effet a plutôt été positif : « On a plus souffert du gel d’avril que de l’eau », estime Jean-Luc Chaumier. L’herbe a bien poussé : pas de problème donc pour les pâturages. Par contre, si les stocks de foin sont importants, ils sont encore sur pieds. Il faut quelques jours de temps sec pour les récolter et avec une météo changeante, les fenêtres de tir sont rares !
Pas de souci pour l’heure pour les céréales qui avaient souffert l’an passé d’une sécheresse printanière synonyme de rendements inférieurs. Petits soucis pour la vigne : trop de pluie implique un risque de maladies, surtout quand il y a des journées chaudes et humides.
Bref, les pluies abondantes ont eu un effet plutôt positif et quoi qu’il advienne maintenant, on devrait passer l’été sans problème. Mais il ne faudrait pas que l’humidité perdure : « Année de foin, année de rien », affirme un dicton populaire. La vigne et les céréales ont besoin de soleil maintenant. Et la saison touristique aussi…

Source : la Nouvelle République