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Neige et froid record fin novembre 2010 sur le Nord du Centre-Val de Loire : 10 ans déjà !

NEIGE ET FROID RECORD FIN NOVEMBRE 2010 SUR LE NORD DU CENTRE-VAL DE LOIRE : 10 ANS DEJA !

Souvenez-vous, fin novembre 2010, d’importantes chutes de neige et un froid record ont concerné le Nord du Centre-Val de Loire et particulièrement la région orléanaise. Retour en images et explications…

Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).

Fin novembre et début décembre 2010, une vague de froid très précoce…

Entre les 20 novembre et 05 décembre 2010, un puissant blocage anticyclonique s’est érigé entre le bassin Atlantique Nord et le Groenland. Dans le même temps, un vaste système dépressionnaire s’est mis en place sur l’Europe avec des anomalies dépressionnaires glissant de la Russie / du Nord-Est de l’Europe vers la France, accompagnées d’une masse d’air froid d’origine sibérienne. Cet air froid, chargé d’humidité (notamment au contact de dépressions sur l’Atlantique), a engendré de nombreux épisodes neigeux sur une bonne partie de la France, dont nos régions Centre-Val de Loire et Centrales. Ainsi, une vague de froid exceptionnellement précoce a touché notre territoire du 25 novembre au 05 décembre 2010 avec d’importantes intempéries hivernales.

Evolution des centres d’action sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 20 novembre et 05 décembre 2010 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).
Evolution de la température vers 850 hPa (vers 1500m d’altitude) sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 20 novembre et 05 décembre 2010 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).

Un épisode neigeux exceptionnel entre les 28 et 29 novembre 2010 en région orléanaise : une vingtaine de centimètres de neige par endroits !

Entre le 28 novembre et la nuit du 28 au 29 novembre 2010, en se heurtant sur une dépression venue de l’Atlantique, le froid en provenance du Nord-Est de l’Europe s’est chargé en humidité et a provoqué un épisode neigeux remarquable sur le Nord du Centre-Val de Loire, notamment vers l’Orléanais.

Radar précipitations entre les 28 novembre 09h et 29 novembre 2010 06h (source : Météo60).

Alors que les services météo avaient annoncé cinq centimètres de neige sur la région Centre (prévision complexe avec des chutes de neige difficiles à localiser et à estimer), la région orléanaise s’est finalement recouverte d’une couche d’une quinzaine à une vingtaine de centimètres de neige collante par endroits (16 cm à Orléans (45)), soit un record absolu pour un mois de novembre et l’une des plus fortes chutes de neige depuis mars 1946 (environ 30 cm). Le 29 novembre, on avait aussi relevé 4 cm à Chartres (28) ou encore 7 cm à Romorantin (41).

La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
Ladon (Loiret) sous la neige, le 29 novembre 2010 (copyright : Cindy Hilario pour Météo Centre).
Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (source : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Orl%C3%A9ans_paysage_de_neige.jpg).

Cet épisode neigeux remarquable a surpris plus d’un automobiliste. D’après La République du Centre, « il fallait alors compter trois heures pour relier Olivet à Orléans par la nationale (soit 9 kilomètres). »

Le 28 novembre 2010, la neige faisait son apparition dans le Loiret. Un épisode météorologique qui a surpris et bloqué le département pendant plusieurs heures. (source : La République du Centre : https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/il-y-a-six-ans-le-loiret-etait-bloque-par-la-neige_12186216/#refresh).

Les journaux télévisés ont évoqué ces intempéries hivernales comme BFMTV et France 2 qui ont survolé la région d’Orléans enneigée.

Un froid record le 30 novembre 2010 : jusqu’à -16,8°C à Guillonville (Eure-et-Loir), entre Châteaudun et Orléans !

A la faveur d’un ciel dégagé et de sols enneigés (phénomène de rayonnement), la nuit du 29 au 30 novembre 2010 s’est montrée particulièrement froide entre le Loir-et-Cher, le Loiret et l’Eure-et-Loir. Les températures minimales sont parfois descendues sous la barre des -15°C avec de nombreux records mensuels (pour un mois de novembre) battus sur le réseau Météo France :

  • -10,1°C à Blandainville, Eure-et-Loir ;
  • -11,3°C à Chartres, Eure-et-Loir (ancien record : -9,7°C le 27/11/1947) ;
  • -11,7°C à Blois, Loir-et-Cher (ancien record : -8,7°C le 22/11/1993) ;
  • -12°C à Selommes, Loir-et-Cher ;
  • -13,3°C à Louville, Eure-et-Loir ;
  • -13,4°C à Châteaudun, Eure-et-Loir (ancien record : -10,9°C le 23/11/1993) ;
  • -13,7°C à Pré-Saint-Evroult, Eure-et-Loir ;
  • -14,6°C à Viabon, Eure-et-Loir ;
  • -15°C à Trinay, Loiret ;
  • -15.2°C à Saint-Léonard-en-Beauce, Loir-et-Cher ;
  • -15,3°C à Orléans-Bricy, Loiret (ancien record : -9,5°C le 23/11/1956) ;
  • -15,7°C à Villampuy, Eure-et-Loir ;
  • -16°C à Poinville, Eure-et-Loir ;
  • -16,4°C à Ouzouer, Loir-et-Cher ;
  • -16,8°C à Guillonville, Eure-et-Loir (restant à ce jour le record national mensuel de froid en plaine).
Températures minimales du 30 novembre 2010 (copyright : Météo France).

Une fin novembre 2010 hivernale suivie d’un mois de décembre 2010 bien froid et neigeux…

Tout au long de ce mois de décembre 2010, les températures se sont montrées particulièrement froides et plusieurs vagues de froid se sont succédées (une début décembre, une mi-décembre et une à la toute fin décembre).

Anomalies de température en Europe en décembre 2010 (source : NOAA via Wikipédia / https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Anomalie_temp%C3%A9rature_Europe_d%C3%A9cembre_2010.png).

D’après Météo France, de telles conditions neigeuses en décembre n’avaient pas été observées depuis 30 ans au moins sur de nombreuses régions comme en témoigne le tableau ci-dessous…

Tableau des valeurs remarquables de neige relevées au cours du mois de décembre 2010 (source : Météo France / http://www.meteofrance.fr/documents/10192/35608/25073-48.pdf/). Les stations encadrées en rouge correspondent aux principales stations de nos régions Centre-Val de Loire et Centrales (encadrements rajoutés par notre association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 03 décembre 2010 (copyright : Robin Richard).

N’hésitez à pas à nous envoyer vos souvenirs et vos photos de cette fin d’année 2010 hivernale et neigeuse sur nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram).

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Changement d’heure : passage à l’heure d’hiver ce weekend du 24 et 25 octobre 2020 !

CHANGEMENT D’HEURE : PASSAGE A L’HEURE D’HIVER CE WEEK-END DU 24 ET 25 OCTOBRE 2020 !

A vos montres !

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2020, on passe à l’heure d’hiver. Quand il sera 03h, il sera en fait 02h, on recule donc d’une heure et nous gagnons une heure de sommeil !

Copyright : Association Météo Centre.

Historique du changement d’heure…

L’idée de changement d’heure a été évoquée pour la première fois en 1784 par un physicien et écrivain américain, Benjamin Franklin. C’est à ce moment là que la notion de « décalage des heures » aux changements de saisons a été mise en avant dans le but d’économiser de l’énergie. Cette idée a été reprise quelques années plus tard, en 1907, par William Willet, un inventeur britannique. Il a réalisé une campagne sur l’économie d’énergie en publiant une brochure « Waste of Daylight » ou « Gaspillage de la lumière du jour » pour sensibiliser le public à ce concept.

Lettre de Franklin dans le Journal de Paris du 26 avril 1784
Lettre de Franklin dans le Journal de Paris du 26 avril 1784.

En 1916, plusieurs pays ont adopté le changement d’heure. L’Allemagne a été le premier pays à appliquer cette mesure, suivi de l’Angleterre puis de la France sous l’impulsion du député André Honnorat. Pour faire des économies d’énergie, la France a décidé de rajouter une heure sur l’heure de Greenwich, fuseau horaire dans lequel elle a été depuis 1911 avec l’Angleterre.

Suite à l’Occupation allemande, lors de la Seconde Guerre Mondiale, le changement d’heure a été supprimé afin d’être dans le même fuseau horaire que l’Allemagne causant de nombreuses confusions et perturbations dans le pays. Il a donc fallu rajouter deux heures en été et une heure en hiver sur l’heure de Greenwich. Or à la fin de la guerre en 1945, l’heure d’été est abandonnée, mais le décalage d’une heure est maintenu.

C’est dans le début des années 1970, lors du premier « choc pétrolier » que l’idée de changement d’heure a été proposée de nouveau. En 1975, voyant la forte hausse du prix du pétrole et de l’électricité, le président de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing a réinstallé le concept de changement d’heure en avançant les pendules d’une heure en hiver et deux heures en été sur l’heure de Greenwich afin de permettre de réduire l’utilisation d’électricité pour l’éclairage.

Et dans l’Europe et dans le monde, comment est appliqué le changement d’heure ?

En 1998, l’ensemble des pays de l’Union européenne ont mis en place le changement d’heure afin de faciliter les échanges. En 2001, afin d’obtenir une harmonisation plus complète, on passe à l’heure d’été le dernier dimanche de mars et à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre. A noter qu’au Canada et aux Etats Unis, on applique le changement d’heure mais pas de manière uniforme sur le territoire. De plus, on passe à l’heure d’été le second dimanche du mois de mars et à l’heure d’hiver le premier dimanche du mois de novembre.

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Carte mondiale représentant les pays appliquant ou ayant appliqué le changement d’heure. Paul Eggert / cc-by-sa.

Dans le monde, plus de 70 pays utilisent le changement d’heure. Certains ont déjà abandonné cette mesure comme la Russie, l’Islande, la Tunisie ou encore l’Egypte, estimant celle-ci inutile et plus justifiée aujourd’hui.

En Europe, l’idée d’abandonner ce concept a également été évoquée ces dernières années puisque les dernières études montrent que le changement d’heure a un faible impact sur la consommation d’énergie et reste néfaste pour notre rythme biologique. Le 26 mars 2019, les députés européens se sont ainsi prononcés pour la fin du changement d’heure. Chaque pays européen définira ensuite s’ils le conserveront ou non d’ici 2021, lors des futures négociations avec la Commission européenne.

En France, une consultation a été menée par la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale en février 2019 : il en est ressorti qu’environ 84% des Français souhaiteraient la fin du changement d’heure et environ 59% préféreraient rester à l’heure d’été qu’à l’heure d’hiver…

Perspectives pour l’hiver 2019/2020…

En ce dimanche 1er décembre 2019, premier jour de l’hiver météorologique, voici les dernières tendances météo du prochain trimestre Décembre 2019 – Janvier 2020 – Février 2020…

Copyright : Association Météo Centre.

Un automne météorologique 2019 humide après plusieurs mois de sécheresse…

L’automne météorologique s’est achevé ce 30 novembre 2019… Malgré quelques périodes froides (début septembre et en novembre notamment), c’est la douceur qui a dominé les débats.

Copyright : Météo France.

D’après Météo France, « en moyenne sur la saison et sur la France, la température devrait être supérieure à la normale de 1°C, plaçant 2019 au 6rang des automnes les plus chauds depuis 1900, derrière 2006 (+2,4°C), 2014 (+2,3°C), 2011 (+1,7°C), 2018 (+1,2°C) et 2009 (+1,1°C). »

Copyright : Météo France.

Côté précipitations, après un mois de septembre chaud et très sec, la pluie a fait un retour remarqué en octobre et en novembre avec un excédent pluviométrique supérieur à 70% en France sur ces deux mois.

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, ces pluies ont été bénéfiques. En effet, sur les principales stations de Météo France, on a relevé sur l’ensemble de l’automne météorologique 2019 :

  • Auxerre-Perrigny (89) : 230,7 mm (moyenne habituelle : 193,1 mm, soit +19%) ;
  • Avord (18) : 257 mm (moyenne habituelle : 205,2 mm, soit +25%) ;
  • Blois (41) : 202,7 mm (moyenne habituelle : 180,7 mm, soit +12%) ;
  • Bourges (18) : 257,9 mm (moyenne habituelle : 197,1 mm, soit +31%) ;
  • Chartres (28) : 211,1 mm (moyenne habituelle : 161,4 mm, soit +31%) ;
  • Châteaudun (28) : 257,9 mm (moyenne habituelle : 164 mm, soit +57%) ;
  • Châteauroux (36) : 277,9 mm (moyenne habituelle : 203 mm, soit +37%) ;
  • Nevers (58) : 271,4 mm (moyenne habituelle : 215,2 mm, soit +26%) ;
  • Orléans-Bricy (45) : 247,6 mm (moyenne habituelle : 172,9 mm, soit +43%) ;
  • Romorantin (41) : 269,3 mm (moyenne habituelle : 190,2 mm, soit +42%) ;
  • Tours (37) : 229,1 mm (moyenne habituelle : 192,1 mm, soit +19%) ;
  • Vichy-Charmeil (03) : 229,3 mm (moyenne habituelle : 206,7 mm, soit +11%).
Cumuls des précipitations sur la période Septembre 2019 – Octobre 2019 – Novembre 2019 sur les régions Centre-Val de Loire et Centrales (source données : Météo France / copyright : Association Météo Centre). Cliquez sur l’animation pour l’agrandir.

Toutefois, au 24 novembre 2019, malgré une légère amélioration, le niveau des nappes phréatiques restait encore bas sur une bonne partie de nos départements, comme ci-dessous en Centre-Val de Loire. Il faudra un hiver très pluvieux pour combler l’important déficit.

Niveau des nappes phréatiques au 24 novembre 2019 (copyright : DREAL Centre-Val de Loire).

Vers un hiver globalement doux et humide ?

D’après les principaux modèles saisonniers, les basses pressions devraient prédominer sur le Nord de l’Europe. Les conditions anticycloniques s’imposeraient quant à elle vers le bassin méditerranéen. Ce type de configuration serait typique d’un courant majoritairement océanique sur l’Europe (flux d’Ouest perturbé).

Anomalies de pression envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Ainsi, les températures se montreraient globalement plus douces que la normale.

Anomalies de température envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Côté précipitations, les pluies seraient fréquentes sur une bonne moitié Nord de l’Europe. Elles se feraient « plus discrètes » vers la Méditerranée.

Anomalies de précipitation envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Notre modèle interne à Météo Centre (modèle statistique de prédiction pour la France) s’oriente aussi vers ces conditions douces et humides. Ce modèle, réalisé par Jérémy Surcin, (l’un de nos administrateurs et climatologue au CNRS), est basé sur 148 variables d’entrées (observations et analyse) qui ont permis d’effectuer une ACP (analyse en composante principale). Nous avons affiné cela par un modèle statistique « cross validation ». Une simulation a été réalisée sur une période de 30 ans (1988-2018) et nous avons obtenu 81% de fiabilité pour les précipitations (91% pour les 10 dernières années). Concernant les températures, nous avons 59% de fiabilité sur les 30 années (67% sur les 10 dernières années). Ce modèle reste expérimental et scientifique. De nouveaux travaux statistiques seront développés et intégrés par la suite afin d’améliorer la prévision. Pour le moment, il n’y a aucun paramètre concernant la physique de l’atmosphère (le chiffre en abscisse est le numéro de simulation correspondant à la date dans le tableau ci-dessous).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

Météo France envisage également une tendance plus douce : « L’hiver sera probablement plus doux que la normale sur une grande partie de l’Europe dont la France, avec une tendance encore plus marquée sur le Bassin méditerranéen. »

Copyright : Météo France.

Toujours d’après Météo France, « la circulation de perturbations océaniques fréquentes devrait ainsi générer des conditions plus humides que la normale sur le nord de l’Europe, tandis que le Bassin méditerranéen, situé sous des champs de pression plus élevés en moyenne, devrait connaître des conditions plus sèches que la normale. »

Copyright : Météo France.

Cet hiver, on se retrouverait alors dans une situation typique d’une Oscillation Nord Atlantique (NAO) souvent positive.

Pour rappel, l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO) représente la différence de pression entre les Açores et l’Islande.

Effets de l’anomalie positive et négative de l’ONA sur les systèmes météorologiques (copyright : Martin Visbeck et Heidi Cullen et Pierre_cb).

En hiver, plus la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est positive (30% des régimes en Europe). On observe alors un courant d’Ouest perturbé avec de fréquentes perturbations pluvieuses et venteuses sur l’Europe (notamment sur la partie Nord). Les températures sont alors généralement douces et l’influence est majoritairement océanique.

A contrario, moins la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est négative (20% des régimes en Europe). On constate alors que le courant d’Ouest reste peu actif voire inopérant : l’anticyclone des Açores et les dépressions près de l’Islande changent de place et peuvent même s’inverser. Dans ce cas de figure, le flux peut s’orienter au Nord/Nord Est voire à l’Est, ramenant le froid en Europe de l’Ouest. Comme les hautes pressions remontent vers le Pôle Nord, le vortex polaire est chamboulé et on peut alors observer un displacement event ou un splitting event.

Les autres régimes en Europe sont les dorsales (23% des régimes en Europe) et les blocages (27% des régimes en Europe).

Anomalie journalière de pression de surface (millibar) correspondant aux quatre régimes de temps d’hiver (de novembre à mars) sur l’Atlantique Nord. Le pourcentage représente l’occurrence moyenne de ces régimes sur la période 1974-2007 (copyright : CNRS).

Questionnement / Réflexion : Toutefois, en apportant quelques nuances par rapport aux modèles météo, un hiver aussi doux que 2013/2014 (+2°C par rapport aux normes) paraît moins probable cette année mais est tout à fait possible. En effet, quand on observe la situation actuelle avec de fréquentes ondulations entre l’Amérique du Nord et l’Europe (ondes de Rossby) qui perdurent depuis plusieurs semaines, on constate que la NAO+ a du mal à « franchement » s’imposer (mais pour combien de temps ?). Par conséquent, même si un flux océanique doux et perturbé dominerait bien les débats cet hiver, il pourrait être entrecoupé de périodes plus froides avec de possibles blocages anticycloniques sur l’Atlantique Nord notamment. Si la NAO+ parviendrait à s’installer, la douceur se montrerait alors récurrente avec de fréquents passages perturbés au moins sur le Nord de la France. Un hiver globalement doux en prévision ne veut donc pas forcément dire qu’il ne neigera pas ou qu’il ne fera pas froid… D’autant plus qu’une configuration météorologique prédominante peut cacher de nombreuses disparités. Des surprises peuvent très vite arriver en météo (souvenir de l’hiver 2011-2012 globalement doux mais marqué par une forte vague de froid en février 2012)… Il convient donc d’être prudent sur les affirmations certaines en météorologie. Il faut savoir prendre du recul…

Conclusion : Les dernières tendances en Europe et en France s’orientent donc vers une période Décembre 2019 – Janvier 2020 – Février 2020 plus douce et humide que la normale (+1°C par rapport aux normes au minimum). Même si la douceur devrait prédominer, cela n’empêchera pas quelques incursions froides.

Pour recevoir les prévisions saisonnières précises et détaillées pour les mois à venir, n’hésitez pas à adhérer à notre association.

Nos prévisionnistes surveillent avec attention l’évolution de la situation…

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Les gelées tardives et les Saints de glace

Vous avez été nombreux à nous poser des questions sur les gelées : quand parle-t-on de gelée ? Quelle est la gelée la plus tardive sur nos régions ? D’où vient l’origine des Saints de glace ? Voici quelques éléments de réponse…

Qu’est ce qu’une gelée ?

Lorsque la température de l’air est inférieure ou égale à 0°C (point de congélation de l’eau), on parle de gelée. L’apparition des cristaux de glace sur les différents éléments extérieurs (végétation, voitures, etc.) est provoquée par la présence de vapeur d’eau (invisible) dans l’air.

Cependant, dans certains cas, même une température faiblement négative (autour de -1°C) peut ne pas amener de gelée au sol. Pourquoi ? Ce type de situation apparaît notamment quand les sols sont encore « chauds », par exemple après une journée relativement douce. D’ailleurs, cette configuration météo provoque souvent la formation de brouillard. Il est également possible d’avoir une température de -10°C et n’avoir aucune trace de gelée au sol. Cela se produit quand l’air est très sec, environ 20% par exemple (masse d’air venant de l’Est). Cette valeur a d’ailleurs déjà été observée dans nos régions.

Aux intersaisons, au printemps et en automne, on parle généralement de gelée de rayonnement. En effet, en journée, les rayons du soleil chauffent le sol. Durant la nuit, ces rayonnements solaires ne parviennent plus jusqu’à celui-ci. Par conséquent, il va libérer toute l’énergie accumulée le jour sous forme de rayonnement infrarouge.

Lorsque le ciel est clair, le sol se refroidit plus rapidement que l’air ambiant (inversion des températures). Ainsi, au fil de la nuit, la masse d’air près du sol va petit à petit se refroidir. Les zones peu boisées et bien dégagées favorisent une baisse encore plus nette du mercure.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair » (© Association Météo Centre).

Lorsque les sols sont enneigés, les rayonnements infrarouges s’évacuent beaucoup plus rapidement dans l’atmosphère. En effet, la perte d’énergie est nettement plus importante lorsque de la neige est présente sur le sol. Ainsi, les températures peuvent fortement chuter dans le courant de la nuit, notamment si la masse d’air est déjà bien froide…

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair et sols enneigés » (© Association Météo Centre).

Les fonds de vallée ou « cuvettes » sont également d’autres zones propices aux fortes gelées. L’air froid va petit à petit s’accumuler au fond de la « cuvette » au fil de la nuit et rester piégé au fond de celle-ci faisant fortement chuter le thermomètre.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair, sols enneigés et cuvette » (© Association Météo Centre).

A contrario, lorsque le ciel est nuageux, les rayonnements infrarouges sont bloqués par la couverture nuageuse, limitant la baisse du mercure.

Situation météorologique non propice au risque de gelée « ciel nuageux » (© Association Météo Centre).

On peut aussi distinguer deux autres types de gelée :

  • la gelée d’advection ou « gelée noire » ou « gelée de plein vent » : elle est liée à une advection d’air froid en plein hiver (arrivée d’une masse d’air froid sur le pays) avec un vent « glacial » parfois destructeur pour la végétation. La température de la masse d’air est souvent assez homogène entre le sol et l’air ambiant (gel observé à tous les étages en basses couches) ;
  • la gelée d’évaporation : elle est liée à l’évaporation d’un sol humide surmonté par un air ambiant plus sec. Ce dernier va perdre de l’énergie et va progressivement se refroidir. Tout comme la gelée de rayonnement, la température est généralement très hétérogène entre le sol et l’air ambiant. Comme la perte d’énergie est plus forte tout près du sol, il y fait plus froid (0 à 10 cm), d’où le risque de verglas dès que la température mesurée à 2m sur une station météo est proche ou inférieure à +3°C.

Les gelées sur les régions Centre Val de Loire et Centrales

Sur nos régions centrales, on observe les premières gelées en moyenne fin octobre et courant novembre. On appelle une gelée précoce, une gelée apparue avant le 15 octobre et une gelée tardive, une gelée observée après le 15 avril. Sur nos régions, les gelées les plus précoces ont été relevées début septembre (-0,6°C le 05 septembre 1989 à Romorantin) et les plus tardives début juin (-0,8°C le 05 juin 1976 à Romorantin).

Au niveau de la répartition du nombre de jours de gel par an, c’est en Touraine qu’on en relève le moins (environ 40) et dans le Morvan qu’on en constate le plus (plus de 90). Cela est dû principalement aux climats et microclimats. On observe par exemple un climat plus océanique et doux vers la Touraine et une influence plus continentale et froide vers l’Est. Le climat de type montagnard sur les reliefs de l’Allier et du Morvan favorise également des gelées plus nombreuses et des périodes enneigées beaucoup plus longues. A l’altitude et à l’éloignement des côtes s’ajoutent les microclimats. Ceux-ci peuvent être causés par l’environnement périphérique d’une ville, par une forêt, par des champs, la nature du sol ou encore la proximité d’un cours d’eau. Ils favorisent éventuellement certains paramètres climatiques et peuvent donc avoir une influence sur le nombre de gelées mais aussi sur leur intensité.

Nombre moyen de jours de gel par an sur nos régions selon les données de Météo France (© Association Météo Centre).

© Association Météo Centre.

Les gelées tardives

Le printemps est synonyme de conflits de masse d’air entre les dernières descentes d’air arctique polaire maritime venant du Nord et les premières remontées d’air tropical venant du Sud. Le printemps est aussi synonyme des jours qui rallongent. Cela a un impact sur l’énergie reçue par nos sols et donc sur la température nocturne. Par exemple, en hiver, les nuits sont plus longues. Si on a la présence d’une masse d’air froid au-dessus de nos têtes (plus la présence de neige au sol) les températures minimales nocturnes seront donc beaucoup plus basses (voir schémas de « situations météorologiques propices au risque de gelée »).

Voici un exemple illustrant une situation météorologique propice aux gelées tardives en mai.

Copyright : run 00z 05/05/2019 du modèle GFS via Météociel.

Sur les schémas précédents, un puissant anticyclone positionné entre le Groenland et l’Ouest de la France a dirigé un flux de Nord sur notre pays et nos régions. Une masse d’air froid d’origine arctique a pu alors « s’engouffrer » sur l’Europe.

Ainsi, les gelées tardives se forment bien évidemment dans le même contexte qu’en hiver avec un ciel bien dégagé avec très peu ou pas de vent mais la différence est que la durée de la nuit est plus courte, limitant ainsi la température minimale nocturne. Il suffit d’avoir une descente de masse d’air plus froide, pour avoir des gelées plus fortes et destructrices pour les vergers, vignes et autres cultures.

La résistance des cultures dépend de la culture en elle-même. A noter que la température au niveau de la plante est différente de la température sous station (2m du sol).

Voici les divers stades végétatifs des arbres fruitiers et leur sensibilité au gel.

Les divers stades végétatifs des arbres fruitiers (© http://acmg.asso.fr/gel/stades-et-seuils.pdf).

Sensibilité au gel des différentes espèces fruitières selon les stades végétatifs (© http://www.agrometeo.fr/Fonddoc/geleesprintemps2012.pdf).

Les saints de glace

Les saints et le calendrier

Les 11, 12, 13 mai sont les trois jours sensés marquer la fin des gelées dans nos régions. On parle des Saints de glace ou des Saintes Glaces. Sur votre calendrier, vous trouverez actuellement la Sainte Estelle, la Saint Achille et la Sainte Rolande. A l’origine les trois saints de glace étaient Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais.

L’origine historique

Cette croyance populaire en partie tirée de la religion catholique date du Moyen-Âge. Les  paysans de cette époque priaient ces trois saints afin de protéger leurs récoltes d’une chute brutale des températures et des gelées.

Cependant, malgré cette pratique, il apparaîtrait que ces phénomènes touchaient régulièrement les récoltes. Ceci a sans doute provoqué l’apparition de cette période encore largement reconnue à l’heure actuelle. En effet, d’après cette légende populaire, une fois le 13 mai passé, le gel ne serait plus à craindre dans nos contrées.

De nombreux dictons sont d’ailleurs encore couramment utilisés, en voici quelques exemples :

  • « Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace. »
  • « Avant Saint-Servais, point d’été ; après Saint-Servais, plus de gelée. »
  • « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré. »

Les causes des saints de glace

L’origine de ce phénomène fait encore polémique, certains évoquent un nuage diffus de poussières sur l’orbite de notre planète. Ces dernières bloqueraient une infime partie du rayonnement solaire, ce qui aurait pour conséquence la baisse des températures pendant quelques heures aux alentours des 12 et 13 mai. D’autres mettent en avant qu’aucune observation n’a confirmé l’existence de ces poussières.

On peut toutefois s’appuyer sur des faits scientifiquement prouvés. Aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord (les nôtres), le mois de mai correspond en effet à la fin de la circulation rapide des systèmes météorologiques hivernaux. Cependant, le passage de fronts froids reste tout à fait possible, ces derniers pouvant amener une chute brutale des températures voire des gelées (comme on l’a vu précédemment). De plus, si un anticyclone concerne nos régions et que le ciel se découvre la nuit, la perte de chaleur par rayonnement infrarouge est importante. Ceci peut également induire les phénomènes précédemment cités et même si les températures moyennes journalières ont tendance à grimper au fil des jours.

Les Saintes Glaces annoncent-elles à coup sûr la fin des gelées ?

Depuis l’année 2000, les villes d’Auxerre, d’Avord, de Bourges, de Châteauroux, d’Orléans et de Tours n’ont pas connu de gelée après le 13 mai. D’un autre côté, d’autres communes ont vécu au moins une fois ce phénomène bien après le 13 mai : Blois (-0,1°C le 15/05/2010), Chartres (-0,2°C le 15/05/2003), Châteaudun (-0,2°C le 14/05/2010), Nevers (-1°C le 17/05/2012 et -0,7°C le 15/05/2003), Romorantin (-0,6°C le 16/05/2012, -1,1°C le 16/05/2010, -0,6°C le 31/05/2006, -0,2°C le 01/06/2006 et -0,7°C le 18/05/2005) et Vichy (-1,4°C le 17/05/2012 et -0,1°C le 16/05/2003).

Les saints de glace ne sont donc pas infaillibles apparemment dans nos régions. Ils sont toutefois utiles pour les jardiniers et les agriculteurs. Ces dates bien qu’aléatoires à cause des variations locales, voire du réchauffement climatique restent en effet un marqueur dans le monde agricole notamment pour se rappeler quand le printemps prend réellement de la vigueur.

Gelées et records en mai dans nos régions

Généralement, le nombre moyen de jours de gel en mai se situe entre 0 et 1 sur la période 1981-2010. La station de Romorantin semble sortir du lot avec 0,7 jour de gel en moyenne au mois de mai.

© Association Météo Centre.

Les gelées sont-elles plus rares de nos jours qu’auparavant en France ?

Les épisodes de froid et de gel tardif sont assez récurrents en mai. Par exemple, il a gelé par endroits sur nos régions les 1er et 02 mai 2018 (quelques autres dates de gel tardif en mai depuis 2010 : 02/05/2016, 04/05/2016, 04/05/2014, 16/05/2012, 17/05/2012, 14/05/2010). Cependant, pour retrouver des gelées aussi généralisées sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, il faut probablement remonter à début mai 1979, soit il y a 40 ans !

En effet, d’après Météo France, le 06 mai 2019, on a observé la matinée la plus froide depuis 1979 en France ! Avec une moyenne de températures minimales de +2,5°C, soit 6,1°C sous les normes actuelles, cette date est rentrée dans le top 12 des matinées de mai les plus froides depuis 1947. C’est donc totalement inédit au 21ème siècle pour un mois de mai !

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, on a mesuré jusqu’à -3,8°C à la station de Romorantin, en Sologne, soit la température la plus basse en plaine en France ! Cette valeur est à +0,4°C du record mensuel sur cette station (record : -4,2°C le 07/05/1957). Quelques autres records ont été approchés (à +0,5°C environ du record) et battus sur le réseau METAR :

  • Tours (37) : -0,2°C ce 06 mai 2019 (record : -0,6°C le 08/05/1974) ;
  • Chartres (28) : -0,5°C ce 06 mai 2019 (record : -1°C le 01/05/1945) ;
  • Pithiviers (45) : -1°C ce 06 mai 2019 (ancien record : -0,5°C le 04/05/1979).

Toujours d’après Météo France, de telles températures inférieures aux normes étaient plus courantes dans le passé. Depuis 1980, en France, toutes les matinées de mai ont eu un indicateur national de température minimale supérieur à +3,2 °C (sauf ce 06 mai 2019 avec +2,5°C). Avant 1980, les matinées de mai avec indicateur inférieur à +3°C étaient observées de temps en temps : +1,2°C le 01/05/1960, +1,2°C le 07/05/1957, +1,8°C le 05/05/1979, +1,9°C le 03/05/1979, +2,1°C le 01/05/1976, +2,1°C le 01/05/1962, +2,2°C le 07/05/1979, +2,4°C le 04/05/1979, +2,4°C le 02/05/1960, +2,5°C le 03/05/1960, +2,5°C le 06/05/2019, +2,5°C le 03/05/1967.

Ce début mai 2019, quelques flocons ont aussi été signalés localement sur nos départements. Les épisodes neigeux en mai sont rares mais ont déjà été constatés par le passé. Ainsi, entre les 07 et 08 mai 1997, on a relevé jusqu’à 5 cm de neige à Tours (37) !

Le vignoble de Touraine sous la neige le 07 mai 1997 via Météovilles (© AFP / Daniel Janin).

Qu’est ce qu’une vague de froid ?

Les épisodes de grand froid se font plus rares ces dernières années sur la France… Mais quand parle-t-on de vague de froid ?

Copyright : la Loire en février 2012 par l’Association Météo Centre.

Pour en savoir plus sur les vagues de froid, télécharger notre dossier : Qu’est-ce qu’une vague de froid ?