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Perspectives pour l’hiver 2020/2021…

PERSPECTIVES POUR L’HIVER 2020/2021…

En ce mardi 1er décembre 2020, premier jour de l’hiver météorologique, voici les dernières tendances météo du prochain trimestre Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021…

Copyright : Association Météo Centre.

Un automne 2020 doux et très contrasté avec un net déficit pluviométrique en novembre…

L’automne météorologique s’est achevé ce 30 novembre 2020… Malgré quelques périodes froides (notamment entre la toute fin septembre et le mois d’octobre), c’est la douceur qui a dominé les débats.

Copyright : Météo France.

D’après Météo France, « la température moyenne sur la France et sur la saison se situe +1°C au-dessus de la normale, classant cet automne parmi les automnes les plus chauds depuis le début du XXe siècle. »

Copyright : Météo France.

Côté précipitations, après un mois de septembre plutôt déficitaire, la pluie a fait un retour remarqué en octobre avant un mois de novembre exceptionnellement sec… D’après Météo France, malgré de nombreuses disparités, « en moyenne sur la France, la pluviométrie a été proche de la normale. »

Copyright : Météo France.

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, malgré des pluies bénéfiques en octobre, nos sols ont manqué d’eau lors de cet automne 2020 (hormis sur quelques localités). En effet, sur les principales stations de Météo France, on a relevé sur l’ensemble de l’automne météorologique 2020 :

  • Auxerre-Perrigny (89) : 149,2 mm (moyenne habituelle : 193,1 mm, soit -23%) ;
  • Avord (18) : 187,6 mm (moyenne habituelle : 205,2 mm, soit -9%) ;
  • Blois (41) : 101,2 mm (moyenne habituelle : 180,7 mm, soit -44%) ;
  • Bourges (18) : 182,2 mm (moyenne habituelle : 197,1 mm, soit -8%) ;
  • Chartres (28) : 104,2 mm (moyenne habituelle : 161,4 mm, soit -35%) ;
  • Châteaudun (28) : 104,4 mm (moyenne habituelle : 164 mm, soit -36%) ;
  • Châteauroux (36) : 164,6 mm (moyenne habituelle : 203 mm, soit -29%) ;
  • Nevers (58) : 189,9 mm (moyenne habituelle : 215,2 mm, soit -12%) ;
  • Orléans-Bricy (45) : 108,7 mm (moyenne habituelle : 172,9 mm, soit -27%) ;
  • Romorantin (41) : 150,8 mm (moyenne habituelle : 190,2 mm, soit -21%) ;
  • Tours (37) : 147,6 mm (moyenne habituelle : 192,1 mm, soit -23%) ;
  • Vichy-Charmeil (03) : 150,1 mm (moyenne habituelle : 206,7 mm, soit -27%).
Cumuls des précipitations sur la période Septembre 2020 – Octobre 2020 – Novembre 2020 sur les régions Centre-Val de Loire et Centrales (source données : Météo France / copyright : Association Météo Centre). Cliquez sur l’animation pour l’agrandir.

Au 29 novembre 2020, le niveau des nappes phréatiques sur nos régions Centre-Val de Loire et centrales est globalement inférieur à la normale avec une tendance à la baisse en raison d’un mois de novembre peu arrosé (malgré un mois d’octobre pluvieux)…

Niveau des nappes phréatiques au 29 novembre 2020 (copyright : DREAL Centre-Val de Loire).

Après cet automne 2020 très doux et trop peu arrosé au final, qu’en sera-t-il pour l’hiver à venir ?

Vers un hiver 2020-2021 proche des normes ?

Qu’est ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière est une tendance météorologique à long terme. A contrario des prévisions classiques à une échéance de quelques jours, elles restent approximatives. En effet, il est impossible de prévoir la chronologie exacte des mois à venir ni de localiser où une vague de froid va se produire plusieurs mois à l’avance. Néanmoins, ces prévisions saisonnières donnent un scénario le plus probable sur le ou les mois à venir : elles nous renseignent sur l’anomalie de températures et de précipitations sur une région donnée. Ces prévisions sont réalisées à partir de modèles et indices météo issus de différents pays. A ce jour, elles restent encore « expérimentales » malgré les progrès dans ce domaine au cours de ces dernières années. Les données présentées ici sont donc à prendre avec un certain recul.

Quelle tendance se dégage sur les modèles météo ?

D’après les principaux modèles saisonniers, en moyenne sur la période hivernale (Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021), les basses pressions devraient prédominer sur le Nord de l’Europe avec un flux perturbé de l’Islande à la Scandinavie. Les conditions anticycloniques (hautes pressions) s’imposeraient quant à elle plus régulièrement vers le bassin méditerranéen et le Sud de l’Europe. Ce type de configuration serait typique d’un courant majoritairement océanique sur l’Europe (flux d’Ouest) mais avec un flux perturbé plus au Nord qu’habituellement.

Anomalies de pression envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).
Anomalies de géopotentiel envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Au niveau des températures, elles se montreraient anormalement douces sur le Nord/Nord-Est de l’Europe. Vers la France, aucun scénario ne se dégage (températures plutôt de saison à légèrement plus douces que la normale en moyenne).

Anomalies de température envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Côté précipitations, les pluies seraient plus fréquentes sur une petite partie Nord de l’Europe. Elles se montreraient déficitaires vers le Sud de l’Europe et la Méditerranée.

Anomalies de précipitation envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Que prévoit le modèle interne de notre association Météo Centre ?

Notre modèle interne à Météo Centre (modèle statistique de prédiction pour la France) s’oriente vers des conditions très classiques/de saison pour notre hiver 2020/2021. Ce modèle, réalisé par Jérémy Surcin, (l’un de nos administrateurs et climatologue au CNRS), est basé sur plus de 150 variables d’entrées (observations et analyse) qui ont permis d’effectuer une ACP (analyse en composante principale). Nous avons affiné cela par un modèle statistique « cross validation ». Une simulation a été réalisée sur une période de 30 ans (1988-2018) et nous avons obtenu 81% de fiabilité pour les précipitations (91% pour les 10 dernières années). Concernant les températures, nous avons 59% de fiabilité sur les 30 années (67% sur les 10 dernières années). Ce modèle reste expérimental et scientifique. De nouveaux travaux statistiques seront développés et intégrés par la suite afin d’améliorer la prévision. Pour le moment, il n’y a aucun paramètre concernant la physique de l’atmosphère (le chiffre en abscisse est le numéro de simulation correspondant à la date dans le tableau ci-dessous).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

En faisant la moyenne des simulations, aucune anomalie particulière ne se dégage concernant les températures. Sur l’ensemble de l’hiver (décembre 2020 à février 2021), elles seraient globalement proches des normes (hiver de saison).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

Au niveau des précipitations, une tendance plus sèche que la normale (possible déficit pluviométrique d’environ -20%) se profilerait sur l’ensemble de notre hiver (décembre 2020 à février 2021).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

Quelle tendance mois par mois d’après notre association Météo Centre en France ?

Après analyse des modèles, d’après nos prévisionnistes de l’association Météo Centre, notre hiver se montrerait globalement de saison (à tendance légèrement plus douce notamment à cause du mois de janvier) :

  • Décembre 2020 (quelques incertitudes avec deux scénarios probables) :
    • un scénario de saison à dominante plus douce, ventée et océanique ;
    • un scénario à dominante plus froide avec une possible période bien hivernale entre la deuxième décade et Noël (possibles dorsales sur l’Atlantique ou blocages aux hautes latitudes favorisant des conditions plus hivernales : NAO- ?) ;
  • Janvier 2021 (accord quasi-unanime sur les modèles) : très doux et humide en perspective avec un flux à dominante océanique (risque de tempête(s)) avec pas ou peu de gelées) ;
  • Février 2021 (pas d’accord unanime encore sur les modèles) : de saison (à tendance plus froide) et dominante sèche.

Sur l’ensemble de la période hivernale (décembre 2020 à février 2021), un déficit pluviométrique paraît probable.

Quelle tendance d’après Météo France en Europe et en France ?

Pour les températures, « sur la Scandinavie et le pourtour de la Baltique, le trimestre prochain devrait être plus chaud que la normale. Sur l’Europe de l’Est et la Méditerranée, la majorité des modèles optent pour un scénario chaud, avec une probabilité toutefois moins forte. Sur l’ouest du continent, l’incertitude est plus grande, le scénario froid est cependant le moins probable. »

Copyright : Météo France.

Pour les précipitations, « sur la Scandinavie et autour de la mer Baltique, le temps, au cours du trimestre prochain, devrait être en moyenne plus pluvieux que la normale. À l’inverse, sur les régions méditerranéennes, on s’attend à des conditions plus sèches que la normale. Entre ces deux zones, aucun scénario n’est privilégié pour le trimestre. »

Copyright : Météo France.

Pour Météo France, « s’il est peu probable que la France connaisse un hiver froid en moyenne sur le trimestre, l’incertitude demeure entre un scénario normal ou plus doux que la normale. Pour les précipitations, le pourtour méditerranéen devrait connaître un temps plus sec que la normale. Aucune option majoritaire ne se dégage sur le reste du pays.« 

Cet hiver, malgré quelques incertitudes, la configuration météorologiques dominante sur les modèles serait donc une Oscillation Nord Atlantique (NAO) positive.

Pour rappel, l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO) représente la différence de pression entre les Açores et l’Islande.

Effets de l’anomalie positive et négative de l’ONA sur les systèmes météorologiques (copyright : Martin Visbeck et Heidi Cullen et Pierre_cb).

En hiver, plus la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est positive (30% des régimes en Europe). On observe alors un courant d’Ouest perturbé avec de fréquentes perturbations pluvieuses et venteuses sur l’Europe (notamment sur la partie Nord). Les températures sont alors généralement douces et l’influence est majoritairement océanique.

A contrario, moins la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est négative (20% des régimes en Europe). On constate alors que le courant d’Ouest reste peu actif voire inopérant : l’anticyclone des Açores et les dépressions près de l’Islande changent de place et peuvent même s’inverser. Dans ce cas de figure, le flux peut s’orienter au Nord/Nord Est voire à l’Est, ramenant le froid en Europe de l’Ouest. Comme les hautes pressions remontent vers le Pôle Nord, le vortex polaire est chamboulé et on peut alors observer un displacement event ou un splitting event.

Les autres régimes en Europe sont les dorsales (23% des régimes en Europe) et les blocages (27% des régimes en Europe).

Anomalie journalière de pression de surface (millibar) correspondant aux quatre régimes de temps d’hiver (de novembre à mars) sur l’Atlantique Nord. Le pourcentage représente l’occurrence moyenne de ces régimes sur la période 1974-2007 (copyright : CNRS).

Questionnement / Réflexion

En s’appuyant uniquement sur les modèles, avec une NAO+ dominante et dans un contexte de changement climatique, on pourrait avoir des conditions à dominante anticyclonique et plus sèche que la normale en France (notamment vers le Sud du pays), à l’image de ces dernières années. Avec le réchauffement climatique, les hivers froids deviennent de moins en moins fréquents et un hiver doux paraît bien plus probable. En cette fin d’année 2020, l’ensemble des modèles s’orienterait vers un hiver globalement de saison (à légèrement plus doux que la normale).

Toutefois, cela ne veut pas forcément dire qu’il fera excessivement doux en permanence ou qu’il ne neigera pas… D’autant plus qu’une configuration météorologique prédominante peut cacher de nombreuses disparités. En effet, au regard de divers indices et après analyse de plusieurs paramètres, cet hiver 2020/2021 semblerait plus ouvert à de potentielles intempéries hivernales (ondulations/dorsales sur l’Atlantique Nord favorisant des décrochages polaires vers l’Europe voire de potentiels blocages entre l’Atlantique Nord et la Scandinavie favorisant un flux de Nord-Est notamment en décembre et en février) que l’hiver 2019/2020 très doux (d’où des températures quasi-proches des normes simulées sur les modèles au final ?).

Seul bémol, à l’heure actuelle, les réserves d’air très froid près de l’Europe sont pour l’instant plutôt assez faibles mais des surprises peuvent très vite arriver en météo (souvenir de l’hiver 2011-2012 globalement doux mais marqué par une forte vague de froid en février 2012)… Nous insistons bien sur le fait qu’il est impossible de prévoir une vague de froid plusieurs semaines à l’avance. Il convient donc d’être prudent sur les affirmations certaines en météorologie. Il faut savoir prendre du recul…

Conclusion

D’après notre association Météo Centre, les dernières tendances en France s’orienteraient donc vers une période hivernale (Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021) globalement de saison au niveau des températures (à tendance légèrement plus douce) avec un probable déficit pluviométrique. Périodes plus douces et plus froides alterneraient tout au long de notre hiver avec un flux d’Ouest dominant. Le mois de janvier serait le mois le plus doux de notre hiver. Des offensives hivernales se montreraient plus probables en décembre et en février.

Pour recevoir les prévisions saisonnières précises et détaillées pour les mois à venir, n’hésitez pas à adhérer à notre association.

Nos prévisionnistes surveillent régulièrement l’évolution de la situation…

Restez informés via notre site et nos réseaux sociaux (facebook et twitter).

Pour consulter la météo près de chez vous –> www.meteo-centre.fr.

Neige et froid record fin novembre 2010 sur le Nord du Centre-Val de Loire : 10 ans déjà !

NEIGE ET FROID RECORD FIN NOVEMBRE 2010 SUR LE NORD DU CENTRE-VAL DE LOIRE : 10 ANS DEJA !

Souvenez-vous, fin novembre 2010, d’importantes chutes de neige et un froid record ont concerné le Nord du Centre-Val de Loire et particulièrement la région orléanaise. Retour en images et explications…

Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).

Fin novembre et début décembre 2010, une vague de froid très précoce…

Entre les 20 novembre et 05 décembre 2010, un puissant blocage anticyclonique s’est érigé entre le bassin Atlantique Nord et le Groenland. Dans le même temps, un vaste système dépressionnaire s’est mis en place sur l’Europe avec des anomalies dépressionnaires glissant de la Russie / du Nord-Est de l’Europe vers la France, accompagnées d’une masse d’air froid d’origine sibérienne. Cet air froid, chargé d’humidité (notamment au contact de dépressions sur l’Atlantique), a engendré de nombreux épisodes neigeux sur une bonne partie de la France, dont nos régions Centre-Val de Loire et Centrales. Ainsi, une vague de froid exceptionnellement précoce a touché notre territoire du 25 novembre au 05 décembre 2010 avec d’importantes intempéries hivernales.

Evolution des centres d’action sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 20 novembre et 05 décembre 2010 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).
Evolution de la température vers 850 hPa (vers 1500m d’altitude) sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 20 novembre et 05 décembre 2010 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).

Un épisode neigeux exceptionnel entre les 28 et 29 novembre 2010 en région orléanaise : une vingtaine de centimètres de neige par endroits !

Entre le 28 novembre et la nuit du 28 au 29 novembre 2010, en se heurtant sur une dépression venue de l’Atlantique, le froid en provenance du Nord-Est de l’Europe s’est chargé en humidité et a provoqué un épisode neigeux remarquable sur le Nord du Centre-Val de Loire, notamment vers l’Orléanais.

Radar précipitations entre les 28 novembre 09h et 29 novembre 2010 06h (source : Météo60).

Alors que les services météo avaient annoncé cinq centimètres de neige sur la région Centre (prévision complexe avec des chutes de neige difficiles à localiser et à estimer), la région orléanaise s’est finalement recouverte d’une couche d’une quinzaine à une vingtaine de centimètres de neige collante par endroits (16 cm à Orléans (45)), soit un record absolu pour un mois de novembre et l’une des plus fortes chutes de neige depuis mars 1946 (environ 30 cm). Le 29 novembre, on avait aussi relevé 4 cm à Chartres (28) ou encore 7 cm à Romorantin (41).

La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 28 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Robin Richard).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (copyright : Jérémy Surcin / Association Météo Centre).
Ladon (Loiret) sous la neige, le 29 novembre 2010 (copyright : Cindy Hilario pour Météo Centre).
Orléans sous la neige le 29 novembre 2010 (source : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Orl%C3%A9ans_paysage_de_neige.jpg).

Cet épisode neigeux remarquable a surpris plus d’un automobiliste. D’après La République du Centre, « il fallait alors compter trois heures pour relier Olivet à Orléans par la nationale (soit 9 kilomètres). »

Le 28 novembre 2010, la neige faisait son apparition dans le Loiret. Un épisode météorologique qui a surpris et bloqué le département pendant plusieurs heures. (source : La République du Centre : https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/il-y-a-six-ans-le-loiret-etait-bloque-par-la-neige_12186216/#refresh).

Les journaux télévisés ont évoqué ces intempéries hivernales comme BFMTV et France 2 qui ont survolé la région d’Orléans enneigée.

Un froid record le 30 novembre 2010 : jusqu’à -16,8°C à Guillonville (Eure-et-Loir), entre Châteaudun et Orléans !

A la faveur d’un ciel dégagé et de sols enneigés (phénomène de rayonnement), la nuit du 29 au 30 novembre 2010 s’est montrée particulièrement froide entre le Loir-et-Cher, le Loiret et l’Eure-et-Loir. Les températures minimales sont parfois descendues sous la barre des -15°C avec de nombreux records mensuels (pour un mois de novembre) battus sur le réseau Météo France :

  • -10,1°C à Blandainville, Eure-et-Loir ;
  • -11,3°C à Chartres, Eure-et-Loir (ancien record : -9,7°C le 27/11/1947) ;
  • -11,7°C à Blois, Loir-et-Cher (ancien record : -8,7°C le 22/11/1993) ;
  • -12°C à Selommes, Loir-et-Cher ;
  • -13,3°C à Louville, Eure-et-Loir ;
  • -13,4°C à Châteaudun, Eure-et-Loir (ancien record : -10,9°C le 23/11/1993) ;
  • -13,7°C à Pré-Saint-Evroult, Eure-et-Loir ;
  • -14,6°C à Viabon, Eure-et-Loir ;
  • -15°C à Trinay, Loiret ;
  • -15.2°C à Saint-Léonard-en-Beauce, Loir-et-Cher ;
  • -15,3°C à Orléans-Bricy, Loiret (ancien record : -9,5°C le 23/11/1956) ;
  • -15,7°C à Villampuy, Eure-et-Loir ;
  • -16°C à Poinville, Eure-et-Loir ;
  • -16,4°C à Ouzouer, Loir-et-Cher ;
  • -16,8°C à Guillonville, Eure-et-Loir (restant à ce jour le record national mensuel de froid en plaine).
Températures minimales du 30 novembre 2010 (copyright : Météo France).

Une fin novembre 2010 hivernale suivie d’un mois de décembre 2010 bien froid et neigeux…

Tout au long de ce mois de décembre 2010, les températures se sont montrées particulièrement froides et plusieurs vagues de froid se sont succédées (une début décembre, une mi-décembre et une à la toute fin décembre).

Anomalies de température en Europe en décembre 2010 (source : NOAA via Wikipédia / https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Anomalie_temp%C3%A9rature_Europe_d%C3%A9cembre_2010.png).

D’après Météo France, de telles conditions neigeuses en décembre n’avaient pas été observées depuis 30 ans au moins sur de nombreuses régions comme en témoigne le tableau ci-dessous…

Tableau des valeurs remarquables de neige relevées au cours du mois de décembre 2010 (source : Météo France / http://www.meteofrance.fr/documents/10192/35608/25073-48.pdf/). Les stations encadrées en rouge correspondent aux principales stations de nos régions Centre-Val de Loire et Centrales (encadrements rajoutés par notre association Météo Centre).
La FAC d’Orléans sous la neige le 03 décembre 2010 (copyright : Robin Richard).

N’hésitez à pas à nous envoyer vos souvenirs et vos photos de cette fin d’année 2010 hivernale et neigeuse sur nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram).

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Bilan de la tempête Léon du 1er mars 2020

Comme prévu, en liaison avec le passage de la dépression Léon, un fort coup de vent a concerné une partie Sud de nos régions ce dimanche 1er mars avec localement plus de 100 km/h relevés au Sud de la Loire. De la neige par isothermie a aussi été observée sur le Nord de l’Eure-et-Loir…

Bilan des rafales de vent supérieures à 70 km/h, ce 1er mars 2020 entre 12h et 19h (d’après les données des réseaux Météo Centre & METAR). Cliquez sur l’image ci-dessus pour l’agrandir.

Explications

Dans la nuit de samedi à dimanche, une dépression « secondaire » du nom de Léon (nommée par Météo France), s’est creusée dans le Golfe de Gascogne. Le coeur de la dépression a circulé du Centre Ouest de la France vers le Nord Est en passant par nos régions centrales dans le courant de la journée de dimanche. Les vents les plus forts ont été observés au Sud de la Loire. Le Nord de la Loire a plutôt été épargné.

Animation satellite visible en France le 1er mars 2020 entre 09h et 17h (Source : EUMETSAT via Météociel).

Bilan

La dépression Léon s’est accompagnée d’averses et/ou pluies parfois soutenues à son passage avec un bel enroulement des précipitations autour du coeur. De bons cumuls (> à 10 mm) ont été relevés par endroits sur notre réseau de stations Météo Centre : 24 mm à Lalande-sur-Eure (61), 20,2 mm à Valennes (72), 17,6 mm à Le Mesnil-Thomas (28), 16 mm à Orçay (41), 14 mm à Digny (28), 12,6 mm à Olivet (45) et Boisseaux (45).

Radar précipitations ce 1er mars 2020 entre 09h et 17h (animation via le radar de Météo France / Météociel).

Ce dimanche après-midi, les plus fortes rafales de vent ont été mesurées au Sud de la Loire entre le Berry, le Bourbonnais et le Nivernais avec 109 km/h à Prémery (58), 107 km/h à Montluçon (03), 104 km/h à Châteauroux-Déols (36), 101 km/h à Ménétréols-sous-Vatan (36), 100 km/h à Montbeugny (03) ou encore 100 km/h à Rosnay (36).

Sous l’occlusion de la dépression, de la neige par isothermie (chute des températures sous les fortes précipitations) a été observée sur le Nord de l’Eure-et-Loir.

Neige à La Puisaye, Eure-et-Loir, ce 1er mars 2020 (copyright : Nelly Naveau pour Météo Centre).
Neige à Châteauneuf-en-Thymerais, Eure-et-Loir, ce 1er mars 2020 (copyright : Amandine Abby pour Météo Centre).
Neige à Châteauneuf-en-Thymerais, Eure-et-Loir, ce 1er mars 2020 (copyright : Amandine Abby pour Météo Centre).
Neige à Luigny, Eure-et-Loir, ce 1er mars 2020 (copyright : Annick Bellenger pour Météo Centre).
Neige dans la forêt de Châteauneuf-en-Thymerais dans le sens Dreux/Chateauneuf, Eure-et-Loir, ce 1er mars 2020 (copyright : Mickael Escobar pour Météo Centre).

Sur l’une de nos stations du Réseau Météo Centre, Maintenon, on a bien remarqué cette chute du mercure dans l’après-midi. A 11h30, on a mesuré +8,2°C puis la température a nettement baissé vers 15h45 sous le passage de l’occlusion de la dépression Léon avec à peine +1,1°C. En fin de journée, vers 18h, le mercure est remonté à +5,4°C.

Evolution de la température à Maintenon, Eure-et-Loir (copyright : http://meteo.maingournois.pagesperso-orange.fr/ / explications : Association Météo Centre). Cliquez sur le graphique pour l’agrandir.

On a bien constaté ce phénomène d’isothermie sur notre carte des températures : en effet, entre 15h et 16h, on a relevé souvent entre 0°C et +1°C sur le Nord de l’Eure-et-Loir tandis que quelques dizaines de kilomètres plus au Sud, les températures se sont montrées largement positives.

Carte des températures entre 15h et 16h ce 1er mars 2020 (copyright : Association Météo Centre).

Cette dépression a également été accompagnée de quelques coups de tonnerre isolés par endroits…

Impacts de foudre ce 1er mars 2020 entre 12h et 17h (copyright : Association Météo Centre).

Du côté d’Orléans, un bel arcus a d’ailleurs été observé sous le passage d’une petite ligne de grains.

Ce dimanche, entre 12h et 19h, on a mesuré (rafales maximales > à 70 km/h sur les réseaux Météo Centre et Météo France (principal + secondaire)) :

  • 123 km/h à Saint-Nicolas-des-Biefs (03 – montagne bourbonnaise) ;
  • 109 km/h à Prémery (58) ;
  • 107 km/h à Montluçon (03) ;
  • 104 km/h à Châteauroux-Déols (36) ;
  • 101 km/h à Ménétréols-sous-Vatan (36) ;
  • 100 km/h à Montbeugny (03) ;
  • 100 km/h à Rosnay (36) ;
  • 99 km/h à Avord (18) ;
  • 98 km/h à Avrée (58) ;
  • 97 km/h à Tonnerre (89) ;
  • 96 km/h à Orval (18) ;
  • 96 km/h à Préveranges (18) ;
  • 95 km/h à Ourouer-les-Bourdelins (18) ;
  • 91 km/h à Auxerre-Perrigny (89) ;
  • 89 km/h à Bourges (18) ;
  • 89 km/h à Clamecy (58) ;
  • 89 km/h à Léré (18) ;
  • 88 km/h à Reignac-sur-Indre (37) ;
  • 88 km/h à Sens (89) ;
  • 86 km/h à Aubigny-sur-Nère (18) ;
  • 86 km/h à Nevers (58) ;
  • 85 km/h à Issoudun (36) ;
  • 85 km/h à Ferrière-Larçon (37) ;
  • 85 km/h à Lurcy-Lévis (03) ;
  • 85 km/h à Tours (37) ;
  • 84 km/h à Montgivray (36) ;
  • 83 km/h à Saint-André-en-Terre-Plaine (89) ;
  • 82 km/h à Etrechet (36) ;
  • 82 km/h à Prémilhat (03) ;
  • 82 km/h à Savigny-sur-Clairis (89) ;
  • 80 km/h à Audes (03) ;
  • 80 km/h à Blois-le-Breuil (41) ;
  • 79 km/h à Château-Chinon (58) ;
  • 79 km/h à Le Louroux (37) ;
  • 79 km/h à Romorantin (41) ;
  • 77 km/h à Amilly (45) ;
  • 77 km/h à Montrieux-en-Sologne (41) ;
  • 77 km/h à Reugny (37) ;
  • 77 km/h à Villebret (03) ;
  • 75 km/h à Choue (41) ;
  • 74 km/h à Beddes (18) ;
  • 74 km/h à Châteaudun (28) ;
  • 74 km/h à Saint-Michel-en-Brenne (36) ;
  • 74 km/h à Ouzouer-le-Marché (41) ;
  • 73 km/h à Orléans-Bricy (45) ;
  • 73 km/h à Savigny-en-Véron (37) ;
  • 72 km/h à Château-Renault (37) ;
  • 72 km/h à La Marche (58) ;
  • 71 km/h à Chassignolles (36) ;
  • 71 km/h à Lignerolles (03) ;
  • 71 km/h à Oisy (58) ;
  • 71 km/h à Saint-Maur (36) ;
  • 71 km/h à Saint-Privé (89) ;
  • 71 km/h à Vichy-Charmeil (03).

Les autres stations ont souvent mesuré 50 à 70 km/h.

Quelques dégâts ont été observés par endroits (coupures temporaires du courant, chutes de branches et d’arbres).

N’hésitez pas à nous envoyer vos observations et photos…

Les gelées tardives et les Saints de glace

Vous avez été nombreux à nous poser des questions sur les gelées : quand parle-t-on de gelée ? Quelle est la gelée la plus tardive sur nos régions ? D’où vient l’origine des Saints de glace ? Voici quelques éléments de réponse…

Qu’est ce qu’une gelée ?

Lorsque la température de l’air est inférieure ou égale à 0°C (point de congélation de l’eau), on parle de gelée. L’apparition des cristaux de glace sur les différents éléments extérieurs (végétation, voitures, etc.) est provoquée par la présence de vapeur d’eau (invisible) dans l’air.

Cependant, dans certains cas, même une température faiblement négative (autour de -1°C) peut ne pas amener de gelée au sol. Pourquoi ? Ce type de situation apparaît notamment quand les sols sont encore « chauds », par exemple après une journée relativement douce. D’ailleurs, cette configuration météo provoque souvent la formation de brouillard. Il est également possible d’avoir une température de -10°C et n’avoir aucune trace de gelée au sol. Cela se produit quand l’air est très sec, environ 20% par exemple (masse d’air venant de l’Est). Cette valeur a d’ailleurs déjà été observée dans nos régions.

Aux intersaisons, au printemps et en automne, on parle généralement de gelée de rayonnement. En effet, en journée, les rayons du soleil chauffent le sol. Durant la nuit, ces rayonnements solaires ne parviennent plus jusqu’à celui-ci. Par conséquent, il va libérer toute l’énergie accumulée le jour sous forme de rayonnement infrarouge.

Lorsque le ciel est clair, le sol se refroidit plus rapidement que l’air ambiant (inversion des températures). Ainsi, au fil de la nuit, la masse d’air près du sol va petit à petit se refroidir. Les zones peu boisées et bien dégagées favorisent une baisse encore plus nette du mercure.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair » (© Association Météo Centre).

Lorsque les sols sont enneigés, les rayonnements infrarouges s’évacuent beaucoup plus rapidement dans l’atmosphère. En effet, la perte d’énergie est nettement plus importante lorsque de la neige est présente sur le sol. Ainsi, les températures peuvent fortement chuter dans le courant de la nuit, notamment si la masse d’air est déjà bien froide…

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair et sols enneigés » (© Association Météo Centre).

Les fonds de vallée ou « cuvettes » sont également d’autres zones propices aux fortes gelées. L’air froid va petit à petit s’accumuler au fond de la « cuvette » au fil de la nuit et rester piégé au fond de celle-ci faisant fortement chuter le thermomètre.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair, sols enneigés et cuvette » (© Association Météo Centre).

A contrario, lorsque le ciel est nuageux, les rayonnements infrarouges sont bloqués par la couverture nuageuse, limitant la baisse du mercure.

Situation météorologique non propice au risque de gelée « ciel nuageux » (© Association Météo Centre).

On peut aussi distinguer deux autres types de gelée :

  • la gelée d’advection ou « gelée noire » ou « gelée de plein vent » : elle est liée à une advection d’air froid en plein hiver (arrivée d’une masse d’air froid sur le pays) avec un vent « glacial » parfois destructeur pour la végétation. La température de la masse d’air est souvent assez homogène entre le sol et l’air ambiant (gel observé à tous les étages en basses couches) ;
  • la gelée d’évaporation : elle est liée à l’évaporation d’un sol humide surmonté par un air ambiant plus sec. Ce dernier va perdre de l’énergie et va progressivement se refroidir. Tout comme la gelée de rayonnement, la température est généralement très hétérogène entre le sol et l’air ambiant. Comme la perte d’énergie est plus forte tout près du sol, il y fait plus froid (0 à 10 cm), d’où le risque de verglas dès que la température mesurée à 2m sur une station météo est proche ou inférieure à +3°C.

Les gelées sur les régions Centre Val de Loire et Centrales

Sur nos régions centrales, on observe les premières gelées en moyenne fin octobre et courant novembre. On appelle une gelée précoce, une gelée apparue avant le 15 octobre et une gelée tardive, une gelée observée après le 15 avril. Sur nos régions, les gelées les plus précoces ont été relevées début septembre (-0,6°C le 05 septembre 1989 à Romorantin) et les plus tardives début juin (-0,8°C le 05 juin 1976 à Romorantin).

Au niveau de la répartition du nombre de jours de gel par an, c’est en Touraine qu’on en relève le moins (environ 40) et dans le Morvan qu’on en constate le plus (plus de 90). Cela est dû principalement aux climats et microclimats. On observe par exemple un climat plus océanique et doux vers la Touraine et une influence plus continentale et froide vers l’Est. Le climat de type montagnard sur les reliefs de l’Allier et du Morvan favorise également des gelées plus nombreuses et des périodes enneigées beaucoup plus longues. A l’altitude et à l’éloignement des côtes s’ajoutent les microclimats. Ceux-ci peuvent être causés par l’environnement périphérique d’une ville, par une forêt, par des champs, la nature du sol ou encore la proximité d’un cours d’eau. Ils favorisent éventuellement certains paramètres climatiques et peuvent donc avoir une influence sur le nombre de gelées mais aussi sur leur intensité.

Nombre moyen de jours de gel par an sur nos régions selon les données de Météo France (© Association Météo Centre).

© Association Météo Centre.

Les gelées tardives

Le printemps est synonyme de conflits de masse d’air entre les dernières descentes d’air arctique polaire maritime venant du Nord et les premières remontées d’air tropical venant du Sud. Le printemps est aussi synonyme des jours qui rallongent. Cela a un impact sur l’énergie reçue par nos sols et donc sur la température nocturne. Par exemple, en hiver, les nuits sont plus longues. Si on a la présence d’une masse d’air froid au-dessus de nos têtes (plus la présence de neige au sol) les températures minimales nocturnes seront donc beaucoup plus basses (voir schémas de « situations météorologiques propices au risque de gelée »).

Voici un exemple illustrant une situation météorologique propice aux gelées tardives en mai.

Copyright : run 00z 05/05/2019 du modèle GFS via Météociel.

Sur les schémas précédents, un puissant anticyclone positionné entre le Groenland et l’Ouest de la France a dirigé un flux de Nord sur notre pays et nos régions. Une masse d’air froid d’origine arctique a pu alors « s’engouffrer » sur l’Europe.

Ainsi, les gelées tardives se forment bien évidemment dans le même contexte qu’en hiver avec un ciel bien dégagé avec très peu ou pas de vent mais la différence est que la durée de la nuit est plus courte, limitant ainsi la température minimale nocturne. Il suffit d’avoir une descente de masse d’air plus froide, pour avoir des gelées plus fortes et destructrices pour les vergers, vignes et autres cultures.

La résistance des cultures dépend de la culture en elle-même. A noter que la température au niveau de la plante est différente de la température sous station (2m du sol).

Voici les divers stades végétatifs des arbres fruitiers et leur sensibilité au gel.

Les divers stades végétatifs des arbres fruitiers (© http://acmg.asso.fr/gel/stades-et-seuils.pdf).

Sensibilité au gel des différentes espèces fruitières selon les stades végétatifs (© http://www.agrometeo.fr/Fonddoc/geleesprintemps2012.pdf).

Les saints de glace

Les saints et le calendrier

Les 11, 12, 13 mai sont les trois jours sensés marquer la fin des gelées dans nos régions. On parle des Saints de glace ou des Saintes Glaces. Sur votre calendrier, vous trouverez actuellement la Sainte Estelle, la Saint Achille et la Sainte Rolande. A l’origine les trois saints de glace étaient Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais.

L’origine historique

Cette croyance populaire en partie tirée de la religion catholique date du Moyen-Âge. Les  paysans de cette époque priaient ces trois saints afin de protéger leurs récoltes d’une chute brutale des températures et des gelées.

Cependant, malgré cette pratique, il apparaîtrait que ces phénomènes touchaient régulièrement les récoltes. Ceci a sans doute provoqué l’apparition de cette période encore largement reconnue à l’heure actuelle. En effet, d’après cette légende populaire, une fois le 13 mai passé, le gel ne serait plus à craindre dans nos contrées.

De nombreux dictons sont d’ailleurs encore couramment utilisés, en voici quelques exemples :

  • « Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace. »
  • « Avant Saint-Servais, point d’été ; après Saint-Servais, plus de gelée. »
  • « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré. »

Les causes des saints de glace

L’origine de ce phénomène fait encore polémique, certains évoquent un nuage diffus de poussières sur l’orbite de notre planète. Ces dernières bloqueraient une infime partie du rayonnement solaire, ce qui aurait pour conséquence la baisse des températures pendant quelques heures aux alentours des 12 et 13 mai. D’autres mettent en avant qu’aucune observation n’a confirmé l’existence de ces poussières.

On peut toutefois s’appuyer sur des faits scientifiquement prouvés. Aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord (les nôtres), le mois de mai correspond en effet à la fin de la circulation rapide des systèmes météorologiques hivernaux. Cependant, le passage de fronts froids reste tout à fait possible, ces derniers pouvant amener une chute brutale des températures voire des gelées (comme on l’a vu précédemment). De plus, si un anticyclone concerne nos régions et que le ciel se découvre la nuit, la perte de chaleur par rayonnement infrarouge est importante. Ceci peut également induire les phénomènes précédemment cités et même si les températures moyennes journalières ont tendance à grimper au fil des jours.

Les Saintes Glaces annoncent-elles à coup sûr la fin des gelées ?

Depuis l’année 2000, les villes d’Auxerre, d’Avord, de Bourges, de Châteauroux, d’Orléans et de Tours n’ont pas connu de gelée après le 13 mai. D’un autre côté, d’autres communes ont vécu au moins une fois ce phénomène bien après le 13 mai : Blois (-0,1°C le 15/05/2010), Chartres (-0,2°C le 15/05/2003), Châteaudun (-0,2°C le 14/05/2010), Nevers (-1°C le 17/05/2012 et -0,7°C le 15/05/2003), Romorantin (-0,6°C le 16/05/2012, -1,1°C le 16/05/2010, -0,6°C le 31/05/2006, -0,2°C le 01/06/2006 et -0,7°C le 18/05/2005) et Vichy (-1,4°C le 17/05/2012 et -0,1°C le 16/05/2003).

Les saints de glace ne sont donc pas infaillibles apparemment dans nos régions. Ils sont toutefois utiles pour les jardiniers et les agriculteurs. Ces dates bien qu’aléatoires à cause des variations locales, voire du réchauffement climatique restent en effet un marqueur dans le monde agricole notamment pour se rappeler quand le printemps prend réellement de la vigueur.

Gelées et records en mai dans nos régions

Généralement, le nombre moyen de jours de gel en mai se situe entre 0 et 1 sur la période 1981-2010. La station de Romorantin semble sortir du lot avec 0,7 jour de gel en moyenne au mois de mai.

© Association Météo Centre.

Les gelées sont-elles plus rares de nos jours qu’auparavant en France ?

Les épisodes de froid et de gel tardif sont assez récurrents en mai. Par exemple, il a gelé par endroits sur nos régions les 1er et 02 mai 2018 (quelques autres dates de gel tardif en mai depuis 2010 : 02/05/2016, 04/05/2016, 04/05/2014, 16/05/2012, 17/05/2012, 14/05/2010). Cependant, pour retrouver des gelées aussi généralisées sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, il faut probablement remonter à début mai 1979, soit il y a 40 ans !

En effet, d’après Météo France, le 06 mai 2019, on a observé la matinée la plus froide depuis 1979 en France ! Avec une moyenne de températures minimales de +2,5°C, soit 6,1°C sous les normes actuelles, cette date est rentrée dans le top 12 des matinées de mai les plus froides depuis 1947. C’est donc totalement inédit au 21ème siècle pour un mois de mai !

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, on a mesuré jusqu’à -3,8°C à la station de Romorantin, en Sologne, soit la température la plus basse en plaine en France ! Cette valeur est à +0,4°C du record mensuel sur cette station (record : -4,2°C le 07/05/1957). Quelques autres records ont été approchés (à +0,5°C environ du record) et battus sur le réseau METAR :

  • Tours (37) : -0,2°C ce 06 mai 2019 (record : -0,6°C le 08/05/1974) ;
  • Chartres (28) : -0,5°C ce 06 mai 2019 (record : -1°C le 01/05/1945) ;
  • Pithiviers (45) : -1°C ce 06 mai 2019 (ancien record : -0,5°C le 04/05/1979).

Toujours d’après Météo France, de telles températures inférieures aux normes étaient plus courantes dans le passé. Depuis 1980, en France, toutes les matinées de mai ont eu un indicateur national de température minimale supérieur à +3,2 °C (sauf ce 06 mai 2019 avec +2,5°C). Avant 1980, les matinées de mai avec indicateur inférieur à +3°C étaient observées de temps en temps : +1,2°C le 01/05/1960, +1,2°C le 07/05/1957, +1,8°C le 05/05/1979, +1,9°C le 03/05/1979, +2,1°C le 01/05/1976, +2,1°C le 01/05/1962, +2,2°C le 07/05/1979, +2,4°C le 04/05/1979, +2,4°C le 02/05/1960, +2,5°C le 03/05/1960, +2,5°C le 06/05/2019, +2,5°C le 03/05/1967.

Ce début mai 2019, quelques flocons ont aussi été signalés localement sur nos départements. Les épisodes neigeux en mai sont rares mais ont déjà été constatés par le passé. Ainsi, entre les 07 et 08 mai 1997, on a relevé jusqu’à 5 cm de neige à Tours (37) !

Le vignoble de Touraine sous la neige le 07 mai 1997 via Météovilles (© AFP / Daniel Janin).

Comment se forme la neige ?

Or blanc pour les skieurs, source de bonheur pour les enfants, cauchemar des automobilistes, la neige fait parler d’elle… mais comment se forme-t-elle ?

Comment se forme la neige ?

Au cœur des nuages froids chargés de particules volatiles microscopiques, la vapeur d’eau se condense en gouttelettes d’eau puis en en cristaux de glace à l’origine des flocons de neige. Lorsque la température du nuage est inférieure à 0°C, les cristaux de glace grossissent et finissent par se précipiter vers le sol du fait de leur poids. Lorsque ces précipitations traversent diverses couches d’air assez froides (température inférieure à 0°C), ces cristaux s’agglomèrent et forment des flocons.

Flocon de neige au microscope.
Flocon de neige au microscope.

Trois conditions sont nécessaires pour que la neige se forme. Premièrement, la température de la masse d’air (dans l’atmosphère et au sol) doit être très proche de 0°C ou juste en dessous. Deuxièmement, la vapeur d’eau et de minuscules particules volatiles (poussière, etc.) doivent être présentes en assez grande quantité dans l’atmosphère.

En France, la neige tombe généralement en plaine lorsque les températures sous abri sont comprises entre -5°C et +1°C. On retrouve des épisodes neigeux en plaine à partir de fin novembre jusqu’au mois d’avril la plupart du temps. Toutefois, il est possible d’observer des chutes de neige précoces en octobre mais aussi des chutes de neige tardives au mois de mai.

Neige dans l'Indre en février 2012.
Neige dans l’Indre en février 2012.

Les différents types de neige

Il existe trois types de neige en météorologie : la neige sèche, la neige humide et la neige mouillée. La quantité d’eau liquide est un facteur clé pour déterminer le type de neige.

La neige sèche ou poudreuse contient très peu ou pas d’eau liquide. On la retrouve fréquemment en montagne où la température est très basse (souvent inférieure à -5°C).

La neige humide contient un peu d’eau liquide. Elle est souvent « lourde et collante ». On la retrouve fréquemment en plaine où la température est proche de 0°C (souvent entre -1°C et +1°C). C’est le type de neige le plus appréhendé sur les routes.

La neige mouillée contient beaucoup d’eau liquide. Elle est très « lourde ». On a la retrouve parfois en plaine où la température est nettement positive (souvent entre +1°C et +3°C). Sur les routes, elle est facilement « nettoyée » mais elle peut être dangereuse en cas de fonte puis de regel par la suite (risque de verglas).

Les différents types de flocons de neige

Il existe une multitude de formes de flocons de neige mais elles restent difficiles à distinguer car les flocons se mêlent les uns aux autres la plupart du temps. La forme des flocons dépend de plusieurs conditions météorologiques (la température et l’humidité au cœur du nuage notamment). On observe généralement trois types de formes : plaquettes ou assiettes, étoiles et aiguilles ou colonnes.

Diagramme des formes de flocons selon la température et la sursaturation (Sources : intra-science.com / snowcrystals.com/).

Le vidéaste russe Vyacheslav Ivanov a filmé au microscope la naissance de flocons de neige. Des formes aussi uniques que complexes dont l’éclosion est magnifique à voir. Vous pouvez visionner sa vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=h2hml0b0kLs.

Vous pouvez également consulter ces liens pour en savoir plus sur les différents types de flocons :

Pourquoi est-il si difficile de prévoir la neige pour les météorologues ?

La prévision d’un épisode neigeux reste une prévision délicate : il faut attendre 24h voire 12h avant l’épisode en question pour être le plus juste et le plus précis dans les prévisions.

En effet, la température est le paramètre le plus important lors des prévisions de chutes de neige. Les météorologues doivent prendre en compte la température du sol mais aussi celle de l’air près de ce dernier ainsi que de la masse d’air présente sur plusieurs kilomètres au dessus de nos têtes. Dans le cas où la température reste proche de 0°C, la prévision peut devenir difficile. En effet, l’eau peut aussi bien passer à l’état liquide qu’à l’état solide. L’humidité présente dans l’air et le vent sont également des facteurs clés pour déterminer la qualité de la neige.

Lorsque deux masses d’air rentrent en conflit (froid d’un côté et doux et humide de l’autre), on observe la formation d’une perturbation. Lors d’un épisode neigeux, les météorologues surveillent tout d’abord l’activité et le comportement de cette perturbation. Ensuite, ils prennent en compte l’évolution des températures du sol et de l’air. Le relief et l’intensité des précipitations restent également deux éléments déterminants pour bien anticiper l’isotherme 0°C et la limite pluie-neige… Enfin, il faut parfois analyser l’épaisseur et la qualité de la couche de neige déjà présente (ou qui sera éventuellement présente) au sol pour pouvoir prévoir éventuellement du verglas ou une fonte plus ou moins rapide.

A Météo Centre, nous utilisons divers modèles météo (Arôme, Arpège, WRF ou encore ECMWF) pour réaliser nos prévisions. Un important temps d’analyse et de comparaison des modèles nous est requis pour réaliser la meilleure prévision possible et mieux appréhender les risques de verglas par exemple. Le « live » permet également des réajustements de nos prévisions. En effet, grâce aux images satellite, aux radars précipitations, aux relevés et aux observations des internautes et de nos équipes de terrain, nous pouvons voir l’évolution des températures, une éventuelle tenue de la neige ou encore une possible accentuation de l’intensité des précipitations.

Modèle Arpège (Copyright : Météo France / Météociel).

Neige ou pluie verglaçante ?

Comme nous l’avions dit plus haut, un épisode neigeux reste très complexe à prévoir. Généralement, il neige lorsque les températures sont égales ou inférieures à 0°C. Cependant, il arrive parfois qu’il neige alors que les températures sont positives.

Lorsque les flocons de neige traversent diverses couches d’air où la température est négative dans toutes ces dernières, alors il neige. Si les sols sont froids, on peut alors observer un « manteau blanc ». Mais il arrive parfois que la température devienne positive (+1°C à +3°C) à moins de 300 m du sol, alors les flocons n’ont pas le temps de fondre et ont le temps d’atteindre le sol.

Lorsque les flocons de neige traversent une couche d’air où la température est négative puis une nouvelle couche d’air où elle devient positive et enfin retraverse une couche d’air près du sol où la température est de nouveau négative, alors on observe de la pluie. On appelle cela des pluies verglaçantes. Elles sont très redoutées sur la route car lorsque les gouttes d’eau touchent le sol, d’importantes plaques de verglas peuvent se former.

Formation de la neige et de la pluie verglaçante (copyright : Association Météo Centre).

La neige dite par « isothermie »

La neige peut parfois tomber à basse altitude alors que la masse d’air n’est pas très froide. Ce phénomène reste difficile à prévoir car il reste très localisé et assez rare. En effet, tout dépend de la fluctuation de l’isotherme 0°C (en montagne, c’est l’altitude où il fait 0°C et où se situe la limite pluie-neige) et de l’intensité et de la durée des précipitations. Lorsque ces dernières sont durables et soutenues, de l’air très froid en altitude arrive à plonger vers le sol et la température de l’air finit par baisser progressivement. Ainsi, l’isotherme 0°C s’abaisse jusqu’en plaine. D’abord, il pleut puis la neige remplace progressivement la pluie et il se met à neiger durablement à basse altitude. Moins il y a de vent, plus il y a de chances d’observer ce genre de phénomène. On observe généralement de la neige mouillée et parfois humide. On a pu voir de la neige dite par « isothermie » en décembre 2009 dans la Nièvre.

La neige « industrielle » ou « de pollution »

En hiver, lors de conditions anticycloniques, on observe une forte inversion de température. L’air froid reste plaqué contre le sol et empêche les particules de pollution de « s’échapper ». On observe généralement des brouillards près des vallées par ces temps calmes et froids. Couplée à la pollution liée aux industries et aux transports, l’humidité présente dans l’air permet de charger l’air ambiant de particules solides (des noyaux de condensation). La vapeur d’eau se fixe sur ces dernières et se transforme en neige très fine lorsque les conditions météo sont favorables (température négative et absence de vent). On retrouve cette neige dite « industrielle » notamment près des zones polluées (zones industrielles). La prévision de ces faibles chutes de neige reste difficile voire impossible puisque les émissions des usines et des transports (particules, etc.) ne sont pas prises en compte dans les modèles météo.

Formation de la neige industrielle (copyright : Association Météo Centre).