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Les gelées tardives et les Saints de glace

Vous avez été nombreux à nous poser des questions sur les gelées tardives et les Saints de Glace : quand parle-t-on de gelée ? Quelle est la gelée la plus tardive sur nos régions ? D’où vient l’origine des Saints de glace ? Voici quelques éléments de réponse…

Qu’est ce qu’une gelée ?

Lorsque la température de l’air est inférieure ou égale à 0°C (point de congélation de l’eau), on parle de gelée. L’apparition des cristaux de glace sur les différents éléments extérieurs (végétation, voitures, etc.) est provoquée par la présence de vapeur d’eau (invisible) dans l’air.

Cependant, dans certains cas, même une température faiblement négative (autour de -1°C) peut ne pas amener de gelée au sol. Pourquoi ? Ce type de situation apparaît notamment quand les sols sont encore « chauds », par exemple après une journée relativement douce. D’ailleurs, cette configuration météo provoque souvent la formation de brouillard. Il est également possible d’avoir une température de -10°C et n’avoir aucune trace de gelée au sol. Cela se produit quand l’air est très sec, environ 20% par exemple (masse d’air venant de l’Est). Cette valeur a d’ailleurs déjà été observée dans nos régions.

Aux intersaisons, au printemps et en automne, on parle généralement de gelée de rayonnement. En effet, en journée, les rayons du soleil chauffent le sol. Durant la nuit, ces rayonnements solaires ne parviennent plus jusqu’à celui-ci. Par conséquent, il va libérer toute l’énergie accumulée le jour sous forme de rayonnement infrarouge.

Lorsque le ciel est clair, le sol se refroidit plus rapidement que l’air ambiant (inversion des températures). Ainsi, au fil de la nuit, la masse d’air près du sol va petit à petit se refroidir. Les zones peu boisées et bien dégagées favorisent une baisse encore plus nette du mercure.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair » (© Association Météo Centre).

Lorsque les sols sont enneigés, les rayonnements infrarouges s’évacuent beaucoup plus rapidement dans l’atmosphère. En effet, la perte d’énergie est nettement plus importante lorsque de la neige est présente sur le sol. Ainsi, les températures peuvent fortement chuter dans le courant de la nuit, notamment si la masse d’air est déjà bien froide…

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair et sols enneigés » (© Association Météo Centre).

Les fonds de vallée ou « cuvettes » sont également d’autres zones propices aux fortes gelées. L’air froid va petit à petit s’accumuler au fond de la « cuvette » au fil de la nuit et rester piégé au fond de celle-ci faisant fortement chuter le thermomètre.

Situation météorologique propice au risque de gelée « ciel clair, sols enneigés et cuvette » (© Association Météo Centre).

A contrario, lorsque le ciel est nuageux, les rayonnements infrarouges sont bloqués par la couverture nuageuse, limitant la baisse du mercure.

Situation météorologique non propice au risque de gelée « ciel nuageux » (© Association Météo Centre).

On peut aussi distinguer deux autres types de gelée :

  • la gelée d’advection ou « gelée noire » ou « gelée de plein vent » : elle est liée à une advection d’air froid en plein hiver (arrivée d’une masse d’air froid sur le pays) avec un vent « glacial » parfois destructeur pour la végétation. La température de la masse d’air est souvent assez homogène entre le sol et l’air ambiant (gel observé à tous les étages en basses couches) ;
  • la gelée d’évaporation : elle est liée à l’évaporation d’un sol humide surmonté par un air ambiant plus sec. Ce dernier va perdre de l’énergie et va progressivement se refroidir. Tout comme la gelée de rayonnement, la température est généralement très hétérogène entre le sol et l’air ambiant. Comme la perte d’énergie est plus forte tout près du sol, il y fait plus froid (0 à 10 cm), d’où le risque de verglas dès que la température mesurée à 2m sur une station météo est proche ou inférieure à +3°C.

Les gelées sur les régions Centre Val de Loire et Centrales

Sur nos régions centrales, on observe les premières gelées en moyenne fin octobre et courant novembre. On appelle une gelée précoce, une gelée apparue avant le 15 octobre et une gelée tardive, une gelée observée après le 15 avril. Sur nos régions, les gelées les plus précoces ont été relevées début septembre (-0,6°C le 05 septembre 1989 à Romorantin) et les plus tardives début juin (-0,8°C le 05 juin 1976 à Romorantin).

Au niveau de la répartition du nombre de jours de gel par an, c’est en Touraine qu’on en relève le moins (environ 40) et dans le Morvan qu’on en constate le plus (plus de 90). Cela est dû principalement aux climats et microclimats. On observe par exemple un climat plus océanique et doux vers la Touraine et une influence plus continentale et froide vers l’Est. Le climat de type montagnard sur les reliefs de l’Allier et du Morvan favorise également des gelées plus nombreuses et des périodes enneigées beaucoup plus longues. A l’altitude et à l’éloignement des côtes s’ajoutent les microclimats. Ceux-ci peuvent être causés par l’environnement périphérique d’une ville, par une forêt, par des champs, la nature du sol ou encore la proximité d’un cours d’eau. Ils favorisent éventuellement certains paramètres climatiques et peuvent donc avoir une influence sur le nombre de gelées mais aussi sur leur intensité.

Nombre moyen de jours de gel par an sur nos régions selon les données de Météo France (© Association Météo Centre).

© Association Météo Centre.

Les gelées tardives

Le printemps est synonyme de conflits de masse d’air entre les dernières descentes d’air arctique polaire maritime venant du Nord et les premières remontées d’air tropical venant du Sud. Le printemps est aussi synonyme des jours qui rallongent. Cela a un impact sur l’énergie reçue par nos sols et donc sur la température nocturne. Par exemple, en hiver, les nuits sont plus longues. Si on a la présence d’une masse d’air froid au-dessus de nos têtes (plus la présence de neige au sol) les températures minimales nocturnes seront donc beaucoup plus basses (voir schémas de « situations météorologiques propices au risque de gelée »).

Voici un exemple illustrant une situation météorologique propice aux gelées tardives en mai.

Copyright : run 00z 05/05/2019 du modèle GFS via Météociel.

Sur les schémas précédents, un puissant anticyclone positionné entre le Groenland et l’Ouest de la France a dirigé un flux de Nord sur notre pays et nos régions. Une masse d’air froid d’origine arctique a pu alors « s’engouffrer » sur l’Europe.

Ainsi, les gelées tardives se forment bien évidemment dans le même contexte qu’en hiver avec un ciel bien dégagé avec très peu ou pas de vent mais la différence est que la durée de la nuit est plus courte, limitant ainsi la température minimale nocturne. Il suffit d’avoir une descente de masse d’air plus froide, pour avoir des gelées plus fortes et destructrices pour les vergers, vignes et autres cultures.

La résistance des cultures dépend de la culture en elle-même. A noter que la température au niveau de la plante est différente de la température sous station (2m du sol).

Voici les divers stades végétatifs des arbres fruitiers et leur sensibilité au gel.

Les divers stades végétatifs des arbres fruitiers (© http://acmg.asso.fr/gel/stades-et-seuils.pdf).

Sensibilité au gel des différentes espèces fruitières selon les stades végétatifs (© http://www.agrometeo.fr/Fonddoc/geleesprintemps2012.pdf).

Les saints de glace

Les saints et le calendrier

Les 11, 12, 13 mai sont les trois jours sensés marquer la fin des gelées dans nos régions. On parle des Saints de glace ou des Saintes Glaces. Sur votre calendrier, vous trouverez actuellement la Sainte Estelle, la Saint Achille et la Sainte Rolande. A l’origine les trois saints de glace étaient Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais.

L’origine historique

Cette croyance populaire en partie tirée de la religion catholique date du Moyen-Âge. Les  paysans de cette époque priaient ces trois saints afin de protéger leurs récoltes d’une chute brutale des températures et des gelées.

Cependant, malgré cette pratique, il apparaîtrait que ces phénomènes touchaient régulièrement les récoltes. Ceci a sans doute provoqué l’apparition de cette période encore largement reconnue à l’heure actuelle. En effet, d’après cette légende populaire, une fois le 13 mai passé, le gel ne serait plus à craindre dans nos contrées.

De nombreux dictons sont d’ailleurs encore couramment utilisés, en voici quelques exemples :

  • « Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace. »
  • « Avant Saint-Servais, point d’été ; après Saint-Servais, plus de gelée. »
  • « Quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré. »

Les causes des saints de glace

L’origine de ce phénomène fait encore polémique, certains évoquent un nuage diffus de poussières sur l’orbite de notre planète. Ces dernières bloqueraient une infime partie du rayonnement solaire, ce qui aurait pour conséquence la baisse des températures pendant quelques heures aux alentours des 12 et 13 mai. D’autres mettent en avant qu’aucune observation n’a confirmé l’existence de ces poussières.

On peut toutefois s’appuyer sur des faits scientifiquement prouvés. Aux latitudes moyennes de l’hémisphère Nord (les nôtres), le mois de mai correspond en effet à la fin de la circulation rapide des systèmes météorologiques hivernaux. Cependant, le passage de fronts froids reste tout à fait possible, ces derniers pouvant amener une chute brutale des températures voire des gelées (comme on l’a vu précédemment). De plus, si un anticyclone concerne nos régions et que le ciel se découvre la nuit, la perte de chaleur par rayonnement infrarouge est importante. Ceci peut également induire les phénomènes précédemment cités et même si les températures moyennes journalières ont tendance à grimper au fil des jours.

Les Saintes Glaces annoncent-elles à coup sûr la fin des gelées ?

Depuis l’année 2000, les villes d’Auxerre, d’Avord, de Bourges, de Châteauroux, d’Orléans et de Tours n’ont pas connu de gelée après le 13 mai. D’un autre côté, d’autres communes ont vécu au moins une fois ce phénomène bien après le 13 mai : Blois (-0,1°C le 15/05/2010), Chartres (-0,2°C le 15/05/2003), Châteaudun (-0,2°C le 14/05/2010), Nevers (-1°C le 17/05/2012 et -0,7°C le 15/05/2003), Romorantin (-0,6°C le 16/05/2012, -1,1°C le 16/05/2010, -0,6°C le 31/05/2006, -0,2°C le 01/06/2006 et -0,7°C le 18/05/2005) et Vichy (-1,4°C le 17/05/2012 et -0,1°C le 16/05/2003).

Les saints de glace ne sont donc pas infaillibles apparemment dans nos régions. Ils sont toutefois utiles pour les jardiniers et les agriculteurs. Ces dates bien qu’aléatoires à cause des variations locales, voire du réchauffement climatique restent en effet un marqueur dans le monde agricole notamment pour se rappeler quand le printemps prend réellement de la vigueur.

Gelées et records en mai dans nos régions

Généralement, le nombre moyen de jours de gel en mai se situe entre 0 et 1 sur la période 1981-2010. La station de Romorantin semble sortir du lot avec 0,7 jour de gel en moyenne au mois de mai.

© Association Météo Centre.

Les gelées sont-elles plus rares de nos jours qu’auparavant en France ?

Les épisodes de froid et de gel tardif sont assez récurrents en mai. Par exemple, il a gelé par endroits sur nos régions les 1er et 02 mai 2018 (quelques autres dates de gel tardif en mai depuis 2010 : 02/05/2016, 04/05/2016, 04/05/2014, 16/05/2012, 17/05/2012, 14/05/2010). Cependant, pour retrouver des gelées aussi généralisées sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, il faut probablement remonter à début mai 1979, soit il y a 40 ans !

En effet, d’après Météo France, le 06 mai 2019, on a observé la matinée la plus froide depuis 1979 en France ! Avec une moyenne de températures minimales de +2,5°C, soit 6,1°C sous les normes actuelles, cette date est rentrée dans le top 12 des matinées de mai les plus froides depuis 1947. C’est donc totalement inédit au 21ème siècle pour un mois de mai !

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, on a mesuré jusqu’à -3,8°C à la station de Romorantin, en Sologne, soit la température la plus basse en plaine en France ! Cette valeur est à +0,4°C du record mensuel sur cette station (record : -4,2°C le 07/05/1957). Quelques autres records ont été approchés (à +0,5°C environ du record) et battus sur le réseau METAR :

  • Tours (37) : -0,2°C ce 06 mai 2019 (record : -0,6°C le 08/05/1974) ;
  • Chartres (28) : -0,5°C ce 06 mai 2019 (record : -1°C le 01/05/1945) ;
  • Pithiviers (45) : -1°C ce 06 mai 2019 (ancien record : -0,5°C le 04/05/1979).

Toujours d’après Météo France, de telles températures inférieures aux normes étaient plus courantes dans le passé. Depuis 1980, en France, toutes les matinées de mai ont eu un indicateur national de température minimale supérieur à +3,2 °C (sauf ce 06 mai 2019 avec +2,5°C). Avant 1980, les matinées de mai avec indicateur inférieur à +3°C étaient observées de temps en temps : +1,2°C le 01/05/1960, +1,2°C le 07/05/1957, +1,8°C le 05/05/1979, +1,9°C le 03/05/1979, +2,1°C le 01/05/1976, +2,1°C le 01/05/1962, +2,2°C le 07/05/1979, +2,4°C le 04/05/1979, +2,4°C le 02/05/1960, +2,5°C le 03/05/1960, +2,5°C le 06/05/2019, +2,5°C le 03/05/1967.

Ce début mai 2019, quelques flocons ont aussi été signalés localement sur nos départements. Les épisodes neigeux en mai sont rares mais ont déjà été constatés par le passé. Ainsi, entre les 07 et 08 mai 1997, on a relevé jusqu’à 5 cm de neige à Tours (37) !

Le vignoble de Touraine sous la neige le 07 mai 1997 via Météovilles (© AFP / Daniel Janin).

Comment se forme la neige ?

Or blanc pour les skieurs, source de bonheur pour les enfants, cauchemar des automobilistes, la neige fait parler d’elle… mais comment se forme-t-elle ?

Comment se forme la neige ?

Au cœur des nuages froids chargés de particules volatiles microscopiques, la vapeur d’eau se condense en gouttelettes d’eau puis en en cristaux de glace à l’origine des flocons de neige. Lorsque la température du nuage est inférieure à 0°C, les cristaux de glace grossissent et finissent par se précipiter vers le sol du fait de leur poids. Lorsque ces précipitations traversent diverses couches d’air assez froides (température inférieure à 0°C), ces cristaux s’agglomèrent et forment des flocons.

Flocon de neige au microscope.

Flocon de neige au microscope.

Trois conditions sont nécessaires pour que la neige se forme. Premièrement, la température de la masse d’air (dans l’atmosphère et au sol) doit être très proche de 0°C ou juste en dessous. Deuxièmement, la vapeur d’eau et de minuscules particules volatiles (poussière, etc.) doivent être présentes en assez grande quantité dans l’atmosphère.

En France, la neige tombe généralement en plaine lorsque les températures sous abri sont comprises entre -5°C et +1°C. On retrouve des épisodes neigeux en plaine à partir de fin novembre jusqu’au mois d’avril la plupart du temps. Toutefois, il est possible d’observer des chutes de neige précoces en octobre mais aussi des chutes de neige tardives au mois de mai.

Neige dans l'Indre en février 2012.

Neige dans l’Indre en février 2012.

Les différents types de neige

Il existe trois types de neige en météorologie : la neige sèche, la neige humide et la neige mouillée. La quantité d’eau liquide est un facteur clé pour déterminer le type de neige.

La neige sèche ou poudreuse contient très peu ou pas d’eau liquide. On la retrouve fréquemment en montagne où la température est très basse (souvent inférieure à -5°C).

La neige humide contient un peu d’eau liquide. Elle est souvent « lourde et collante ». On la retrouve fréquemment en plaine où la température est proche de 0°C (souvent entre -1°C et +1°C). C’est le type de neige le plus appréhendé sur les routes.

La neige mouillée contient beaucoup d’eau liquide. Elle est très « lourde ». On a la retrouve parfois en plaine où la température est nettement positive (souvent entre +1°C et +3°C). Sur les routes, elle est facilement « nettoyée » mais elle peut être dangereuse en cas de fonte puis de regel par la suite (risque de verglas).

Les différents types de flocons de neige

Il existe une multitude de formes de flocons de neige mais elles restent difficiles à distinguer car les flocons se mêlent les uns aux autres la plupart du temps. La forme des flocons dépend de plusieurs conditions météorologiques (la température et l’humidité au cœur du nuage notamment). On observe généralement trois types de formes : plaquettes ou assiettes, étoiles et aiguilles ou colonnes.

Diagramme des formes de flocons selon la température et la sursaturation (Sources : intra-science.com / snowcrystals.com/).

Le vidéaste russe Vyacheslav Ivanov a filmé au microscope la naissance de flocons de neige. Des formes aussi uniques que complexes dont l’éclosion est magnifique à voir. Vous pouvez visionner sa vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=h2hml0b0kLs.

Vous pouvez également consulter ces liens pour en savoir plus sur les différents types de flocons :

Pourquoi est-il si difficile de prévoir la neige pour les météorologues ?

La prévision d’un épisode neigeux reste une prévision délicate : il faut attendre 24h voire 12h avant l’épisode en question pour être le plus juste et le plus précis dans les prévisions.

En effet, la température est le paramètre le plus important lors des prévisions de chutes de neige. Les météorologues doivent prendre en compte la température du sol mais aussi celle de l’air près de ce dernier ainsi que de la masse d’air présente sur plusieurs kilomètres au dessus de nos têtes. Dans le cas où la température reste proche de 0°C, la prévision peut devenir difficile. En effet, l’eau peut aussi bien passer à l’état liquide qu’à l’état solide. L’humidité présente dans l’air et le vent sont également des facteurs clés pour déterminer la qualité de la neige.

Lorsque deux masses d’air rentrent en conflit (froid d’un côté et doux et humide de l’autre), on observe la formation d’une perturbation. Lors d’un épisode neigeux, les météorologues surveillent tout d’abord l’activité et le comportement de cette perturbation. Ensuite, ils prennent en compte l’évolution des températures du sol et de l’air. Le relief et l’intensité des précipitations restent également deux éléments déterminants pour bien anticiper l’isotherme 0°C et la limite pluie-neige… Enfin, il faut parfois analyser l’épaisseur et la qualité de la couche de neige déjà présente (ou qui sera éventuellement présente) au sol pour pouvoir prévoir éventuellement du verglas ou une fonte plus ou moins rapide.

A Météo Centre, nous utilisons divers modèles météo (Arôme, Arpège, WRF ou encore ECMWF) pour réaliser nos prévisions. Un important temps d’analyse et de comparaison des modèles nous est requis pour réaliser la meilleure prévision possible et mieux appréhender les risques de verglas par exemple. Le « live » permet également des réajustements de nos prévisions. En effet, grâce aux images satellite, aux radars précipitations, aux relevés et aux observations des internautes et de nos équipes de terrain, nous pouvons voir l’évolution des températures, une éventuelle tenue de la neige ou encore une possible accentuation de l’intensité des précipitations.

Run 12Z du modèle WRF du 25 janvier 2015 avec la neige en rose, la pluie en bleu et la pluie verglaçante en vert (source : Météociel).

Run 12Z du modèle WRF du 25 janvier 2015 avec la neige en rose, la pluie en bleu et la pluie verglaçante en vert (source : Météociel).

Neige ou pluie verglaçante ?

Comme nous l’avions dit plus haut, un épisode neigeux reste très complexe à prévoir. Généralement, il neige lorsque les températures sont égales ou inférieures à 0°C. Cependant, il arrive parfois qu’il neige alors que les températures sont positives.

Lorsque les flocons de neige traversent diverses couches d’air où la température est négative dans toutes ces dernières, alors il neige. Si les sols sont froids, on peut alors observer un « manteau blanc ». Mais il arrive parfois que la température devienne positive (+1°C à +3°C) à moins de 300 m du sol, alors les flocons n’ont pas le temps de fondre et ont le temps d’atteindre le sol.

Lorsque les flocons de neige traversent une couche d’air où la température est négative puis une nouvelle couche d’air où elle devient positive et enfin retraverse une couche d’air près du sol où la température est de nouveau négative, alors on observe de la pluie. On appelle cela des pluies verglaçantes. Elles sont très redoutées sur la route car lorsque les gouttes d’eau touchent le sol, d’importantes plaques de verglas peuvent se former.

Formation de la neige et de la pluie verglaçante (copyright : Association Météo Centre).

La neige dite par « isothermie »

La neige peut parfois tomber à basse altitude alors que la masse d’air n’est pas très froide. Ce phénomène reste difficile à prévoir car il reste très localisé et assez rare. En effet, tout dépend de la fluctuation de l’isotherme 0°C (en montagne, c’est l’altitude où il fait 0°C et où se situe la limite pluie-neige) et de l’intensité et de la durée des précipitations. Lorsque ces dernières sont durables et soutenues, de l’air très froid en altitude arrive à plonger vers le sol et la température de l’air finit par baisser progressivement. Ainsi, l’isotherme 0°C s’abaisse jusqu’en plaine. D’abord, il pleut puis la neige remplace progressivement la pluie et il se met à neiger durablement à basse altitude. Moins il y a de vent, plus il y a de chances d’observer ce genre de phénomène. On observe généralement de la neige mouillée et parfois humide. On a pu voir de la neige dite par « isothermie » en décembre 2009 dans la Nièvre.

La neige « industrielle » ou « de pollution »

En hiver, lors de conditions anticycloniques, on observe une forte inversion de température. L’air froid reste plaqué contre le sol et empêche les particules de pollution de « s’échapper ». On observe généralement des brouillards près des vallées par ces temps calmes et froids. Couplée à la pollution liée aux industries et aux transports, l’humidité présente dans l’air permet de charger l’air ambiant de particules solides (des noyaux de condensation). La vapeur d’eau se fixe sur ces dernières et se transforme en neige très fine lorsque les conditions météo sont favorables (température négative et absence de vent). On retrouve cette neige dite « industrielle » notamment près des zones polluées (zones industrielles). La prévision de ces faibles chutes de neige reste difficile voire impossible puisque les émissions des usines et des transports (particules, etc.) ne sont pas prises en compte dans les modèles météo.

Formation de la neige industrielle (copyright : Association Météo Centre).

Reportage dans les Monts de la Madeleine

Bonjour à toutes et à tous,

un de nos administrateurs (David Bournadet) a réalisé un reportage dans les Monts de la Madeleine et à la Loge des Gardes hier matin.

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Entrée de la station de la Loge des Gardes – Allier (03)

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Notre reporter sur une des pistes de ski de la station

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Etat de la route vers Lavoine (03)

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Paysage en Montagne Bourbonnaise (Allier 03)

Côté relevé des cumuls de neige de 3 à 10cm selon les endroits.

Bonne journée à toutes et à tous.

[Bilan] – Cumuls de pluie et chute de neige du 6 mars 2016 – Régions Centre – Val de Loire et Centrales

Bonjour à toutes et à tous,

la journée d’hier a notamment été marquée par des précipitations neigeuses sur une partie de nos régions.

Voici le bilan des cumuls d’hier à 23h :

Cumuls de pluie du 6 mars 2016 - Régions Centre - Val de Loire et Centrales

Cumuls de pluie du 6 mars 2016 – Régions Centre – Val de Loire et Centrales

Quelques photos des chutes de neige :

Chute de neige à Amboise

Chute de neige à Amboise par Delphine Maëlle Mörgane

Neige à Salbris

Neige à Salbris par Jérémy Surcin (Adhérent de l’association Météo Centre)

Neige à Parçay-Meslay

Neige à Parçay-Meslay par Daniel Beillard

Neige à Mennetou sur Cher

Neige à Mennetou sur Cher par Jean Michel Masson

Neige à Nancay

Neige à Nancay

Neige dans le Nord de l'Indre

Neige dans le Nord de l’Indre

Bon dimanche à toutes et à tous.

[Neige] – Quelques cumuls

Bonsoir à toutes et à tous,

voici quelques cumuls de neige relevés dans nos régions au cours de la journée d’aujourd’hui.

Est Allier :

– 40cm à partir de 500m d’altitude,

– 50cm au Mayet-En-Montagne,

– 1.20m à 1050 à La Loge des Gardes

Sud-Cher et Sud-Indre :

– jusqu’à 4cm localement sur les reliefs (région de Préveranges)

Est-Nièvre (Morvan) : 

– 20cm dès 500m

– 40 à 50cm envisageable localement sur les hauteurs.

Bonne soirée à toutes et à tous