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Tendance météo du week-end du 18/04/2020 et 19/04/2020

Vers un week-end très changeant et parfois instable notamment au Sud…

Copyright : Association Météo Centre.

Le temps de votre week-end :

  • Samedi 18 avril 2020 : 

Les grisailles matinales présentent par endroits sur une partie Ouest / Nord Ouest du Centre se déchireront progressivement au fil des heures. Vers l’Est, le ciel sera plus ou moins lumineux avec un quelques nuages de moyennes et hautes altitudes par endroits. Dans l’après-midi, très belles éclaircies et nuages alterneront. Quelques bourgeonnements nuageux pourront aller jusqu’à l’ondée localement orageuse mais ce risque est jugé très diffus sur un large 1/4 Nord Ouest de notre territoire. Sur un petit 1/4 Sud Est, des averses orageuses et/ou orages faibles à modérés seront probables notamment en direction du Massif Central. Des pluies soutenues et de la petite grêle seront probables localement. Certaines communes pourront bien évidemment passer à travers ces averses/orages et n’observer aucune pluie.

Températures minimales : +10°C à +13°C. Températures maximales : +20°C à +24°C. Vent : faible modéré de secteurs variables. Fiabilité : bonne.

  • Dimanche 19 avril 2020 : 

Les conditions se montreraient instables au Sud de notre territoire avec de nombreux nuages porteurs de pluies/averses orageuses et/ou orages (risque orageux à affiner d’ici samedi soir). Plus au Nord, le ciel serait changeant et un peu plus lumineux par endroits avec des nuages de moyennes et hautes altitudes.

Températures minimales : +10°C à +12°C. Températures maximales : +20°C à +24°C. Vent : faible à modéré de secteur Nord Est Fiabilité : bonne.

Bon week-end à toutes et à tous !

N’hésitez pas à consulter régulièrement nos bulletins de risques météorologiques !

Pour des prévisions plus détaillées : www.meteo-centre.fr.

Installation d’une sécheresse de surface depuis la mi-mars…

Depuis un mois, soit depuis la mi-mars, la pluie se fait rare sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales avec l’installation progressive d’une sécheresse de surface… Mais pourquoi a-t-on observé peu de pluie ? Quels sont les niveaux de nos nappes phréatiques ?

Copyright : Association Météo Centre.

Quand parle-t-on de sécheresse ?

D’après les scientifiques, on évoque le terme de sécheresse lorsqu’il y a un manque d’eau plus ou moins important sur une assez longue période. C’est un phénomène pouvant être cyclique ou exceptionnel touchant une région plus ou moins grande (le Berry ou la France entière ou encore l’Europe Occidentale).

Copyright : Association Météo Centre.

L’état de sécheresse n’est pas le même partout dans le monde. Tout dépend des seuils choisis par le pays ou la région en question en fonction du nombre d’habitants, des ressources en eau disponibles ou encore du climat. En France, l’état de sécheresse absolue est décrété lorsqu’il n’y a pas eu une goutte de pluie (moins de 0,25 mm par jour) pendant 15 jours consécutifs.

On note trois types de sécheresse :

  • la sécheresse météorologique, marquée par un déficit de précipitations sur une période donnée ;
  • la sécheresse agricole, correspondant à un déficit d’eau des sols superficiels sur une profondeur maximale de deux mètres pouvant fragiliser le développement de la végétation (dépend du type de culture, de l’évapotranspiration des plantes, du taux d’humidité, de la nature des sols et des plantes, du vent, de la température de l’air et des précipitations reçues sur la zone en question) ;
  • la sécheresse hydrologique, se manifestant par des niveaux d’eau anormalement bas dans les rivières, lacs ou encore nappes phréatiques et/ou souterraines (dépend de la nature du sol et de sa perméabilité jouant sur l’infiltration et le ruissellement de l’eau, dépend des caractéristiques des nappes souterraines et de la surexploitation des ressources en eau).

Les prévisionnistes météo suivent régulièrement l’évolution des précipitations sur la région en question pour informer la population d’éventuels risques. Lorsque l’hiver et le printemps ont été peu pluvieux, les réserves d’eau sont souvent peu remplies. Des conditions anticycloniques récurrentes favorisent l’apparition d’une sécheresse. Plus les températures sont élevées, plus la sécheresse s’accentuera suite à une évapotranspiration des plantes très importantes.

Les activités humaines peuvent également favoriser l’amplification d’une sécheresse s’il y a une mauvaise gestion des ressources en eau. Ainsi, cette dernière doit être rigoureuse avec une réparation équitable des besoins en eau dans la population (agriculteurs, usines, habitations, etc.). Des mesures de restriction sont alors émises en fonction de la zone concernée pour limiter l’accentuation de la sécheresse.

Lors d’un épisode de sécheresse, ce dernier peut avoir divers impacts dans la zone concernée :

  • sur l’agriculture : destruction partielle ou entière d’une récolte ;
  • sur les forêts et les prairies (incendies) ;
  • sur les ressources en eau (pénuries d’eau potable) ;
  • sur la production hydroélectrique ;
  • sur la faune et la population (exode, problèmes de santé).

D’après le site Propluvia« les seuils entraînant des mesures de restriction sont définis au niveau local par les préfets. Ce qui facilite la réaction en situation de crise, et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin. Les arrêtés sécheresse ne peuvent être prescrits que pour une durée limitée pour un périmètre déterminé. Ils doivent assurer l’exercice des usages prioritaires, plus particulièrement la santé, la sécurité civile, l’approvisionnement en eau potable et la préservation des écosystèmes aquatiques. Ceci tout en respectant l’égalité entre usagers des différents départements et la nécessaire solidarité amont – aval des bassins versants. Quels sont les différents seuils et conséquences pour les différents acteurs ? Quatre niveaux ont été définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise. Les mesures de limitation des prélèvements sont progressives (fonction des seuils définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) et adaptées aux différents usagers :

  • Usages domestiques : sensibilisation, puis limitation de plus en plus fortes des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable).
  • Agriculture : (80% des prélèvements entre juin et août) : interdiction d’irriguer 1 jour par semaine, plusieurs jours par semaine ou à certaines heures jusqu’à l’interdiction totale de l’irrigation.
  • Industrie : des mesures spécifiques ont été prises sur les unités les plus consommatrices : mesures imposant une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires. »

Vous pouvez retrouvez nos vigilances sécheresse sur notre site, en cliquant sur le lien ci-contre : http://www.meteo-centre.fr/info-secheresse.php.

Des conditions anticycloniques persistantes depuis la mi-mars…

Le déficit pluviométrique observé entre la mi-mars et la mi-avril sur une grande partie de la France dont nos régions Centre-Val de Loire s’explique par la persistance de conditions durablement anticycloniques sur l’Europe (hautes pressions > à 1024 hPa de la Pologne au Sud Ouest du Royaume-Uni). En France, les pressions moyennes ont dépassé les 1020 hPa sur une large moitié Nord. Après un intermède plus froid fin mars et tout début avril avec une forte bise, des conditions estivales précoces pour la saison se sont installées durant la première quinzaine d’avril. Ainsi, la masse d’air a tantôt été fraîche et sèche dans un flux d’Est/Nord Est, tantôt elle a été chaude et sèche dans un flux de Sud. Ces contextes météorologiques ont favorisé la sécheresse des sols…

Pressions moyennes du 15 mars au 15 avril 2020 en Europe (copyright : https://psl.noaa.gov/data/histdata/).

Pour rappel, en météorologie, la pression atmosphérique correspond au poids d’une colonne d’air exerçant une force à la surface de la Terre. On la mesure en hPa à l’aide d’un baromètre. En moyenne, au niveau de la mer, elle avoisine les 1015 hPa (1013,25 hPa exactement). Lorsqu’elle est au-dessus, on parle de hautes pressions (anticyclone = temps généralement calme) et lorsqu’elle est en-dessous, on évoque les basses pressions (dépression = temps souvent agité). Sous un anticyclone, l’air descend (subsidence) et se comprime puis s’assèche : la pression augmente. Les vents tournent dans le sens des aiguilles d’une montre autour du coeur de l’anticyclone (dans l’hémisphère Nord).

Fonctionnement d’un anticyclone : situation de haute pression (copyright : Association Météo Centre).

Peu ou pas de pluie sur de nombreux secteurs depuis la mi-mars…

Cette première moitié du printemps météorologique (1er mars au 14 avril 2020) a été très ensoleillée en France avec un net excédent sur la moitié Nord (+20% à +50% selon les normes 1991-2010). Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, on a par exemple mesuré (du 1er mars au 15 avril 2020) : 330,2h d’ensoleillement à Bourges (174,5h en mars et 155,7h du 1er au 15 avril), 324,9h d’ensoleillement à Orléans (169,2h en mars et 155,7h du 1er au 15 avril), 310,9h d’ensoleillement à Tours (168,9h en mars et 142h du 1er au 15 avril) ou encore 356,3h d’ensoleillement à Vichy (184,6h en mars et 171,7h du 1er au 15 avril). Sur la plupart de ces stations, le total mensuel moyen d’ensoleillement pour un mois d’avril (normes 1981-2010) a quasiment été atteint.

Rapport à la moyenne saisonnière de référence 1991-2010 de la durée d’ensoleillement du 1er mars au 14 avril 2020. Copyright : Météo France. Cliquer sur l’image pour agrandir.

Depuis la mi-mars, il a très peu ou pas plu sur une grande partie du pays dont nos régions centrales. Sur nos départements, on a relevé (15 mars au 15 avril 2020) sur les stations principales du réseau METAR :

  • Auxerre-Perrigny (89) : 4 mm (dont 4 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Avord (18) : 0,6 mm (dont 0,6 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Blois-le-Breuil (41) : 8,6 mm (dont 4,8 mm du 15 au 31 mars et 3,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Bourges (18) : 0,8 mm (dont 0,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Chartres (28) : 8,8 mm (dont 3 mm du 15 au 31 mars et 5,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Château-Chinon (58) : 1,4 mm (dont 1,4 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril)
  • Châteaudun (28) : 9,8 mm (dont 4,2 mm du 15 au 31 mars et 5,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Châteauroux-Déols (36) : 7,6 mm (dont 5,6 mm du 15 au 31 mars et 2 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Nevers (58) : 0,8 mm (dont 0,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Orléans-Bricy (45) : 10,6 mm (dont 5,4 mm du 15 au 31 mars et 5,2 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Romorantin (41) : 3,4 mm (dont 1 mm du 15 au 31 mars et 2,4 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Tours (37) : 10 mm (dont 5 mm du 15 au 31 mars et 5 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Vichy-Charmeil (03) : 3,8 mm (dont 3,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril).
Cumuls de précipitations du 15 mars au 15 avril 2020 (copyright : Association Météo Centre). Cliquer sur l’image pour agrandir.

Sur notre réseau de stations Météo Centre, on a par exemple relevé (15 mars au 15 avril 2020) :

  • Autry-Issards (03) : 0,2 mm (dont 0,2 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Boisseaux (45) : 5,8 mm (dont 1 mm du 15 au 31 mars et 4,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Cerisiers (89) : 1,2 mm (dont 0,6 mm du 15 au 31 mars et 0,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Culan (18) : 3,8 mm (dont 3,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Gron (18) : 0,4 mm (dont 0,4 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Issoudun (36) : 4,2 mm (dont 3,6 mm du 15 au 31 mars et 0,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • La Marche (58) : 0,8 mm (dont 0,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • La Grand-Pressigny (37) : 14 mm (dont 9,2 mm du 15 au 31 mars et 4,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Le Mesnil-Thomas (28) : 5,6 mm (dont 2 mm du 15 au 31 mars et 3,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Lignerolles (03) : 3,8 mm (dont 3,8 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Maintenon (28) : 6,4 mm (dont 0,8 mm du 15 au 31 mars et 5,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Oisy (58) : 13,6 mm (dont 13,6 mm du 15 au 31 mars et 0 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Romilly-sur-Aigre (28) : 12 mm (dont 4,6 mm du 15 au 31 mars et 7,4 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Saint-Firmin-des-Bois (45) : 2,8 mm (dont 2,2 mm du 15 au 31 mars et 0,6 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Saint-Maur (36) : 8,4 mm (dont 5,4 mm du 15 au 31 mars et 3 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Saint-Michel-en-Brenne (36) : 9,6 mm (dont 7,2 mm du 15 au 31 mars et 2,4 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Salbris (41) : 2 mm (dont 1 mm du 15 au 31 mars et 1 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Sandillon (45) : 6 mm (dont 1,8 mm du 15 au 31 mars et 4,2 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Soumaintrain (89) : 4,8 mm (dont 4,6 mm du 15 au 31 mars et 0,2 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Tauxigny (37) : 20,6 mm (dont 13,8 mm du 15 au 31 mars et 6,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Vendôme (41) : 9 mm (dont 2,2 mm du 15 au 31 mars et 6,8 mm du 1er au 15 avril) ;
  • Véretz (37) : 10,6 mm (dont 6,6 mm du 15 au 31 mars et 4 mm du 1er au 15 avril).
Cumuls de précipitations du 15 mars au 15 avril 2020 (copyright : Association Météo Centre).

Installation progressive d’une sécheresse de surface…

Après un hiver assez arrosé et un début mars exceptionnellement humide avec des sols saturés en eau, la situation hydrologique est à l’opposé en cette mi-avril avec des sols de plus en plus secs et proches des records (plus la couleur tend vers le rouge foncé plus les sols sont secs)…

Copyright : Météo France.

On constate parfaitement cet assèchement du sol (sol argilo-calcaire superficiel) à Etrechet (Indre), sur l’une de nos stations du réseau Météo Centre, à partir de la dernière décade du mois de mars (2 centibars le 19 mars –> 78 centibars le 16 avril). L’humidité du sol est exprimé ci-dessous en centibar de 0 (sol saturé en eau) à 200 (sol très sec).

Evolution de l’humidité dans le sol en centibar à la station d’Etrechet (Indre) du 1er mars au 16 avril 2020 (copyright : Association Météo Centre).

Des nappes phréatiques assez remplies mais attaquant leur vidange estivale…

Les pluies de l’hiver dernier et au tout du printemps météorologique auront permis aux nappes phréatiques de bien se recharger. Au 1er avril, les niveaux d’eau étaient supérieurs à la norme. D’après le BRGM (), « A partir de mi-mars, les nappes ont bénéficié de l’essentiel de leur recharge 2019-2020. Celle-ci a été nettement supérieure à la moyenne, du fait de pluies efficaces précoces et conséquentes. La situation en mars est très favorable, avec des niveaux autour de la moyenne à très hauts sur une grande partie des nappes. La situation est moins favorable sur les nappes de l’extrême sud de la plaine d’Alsace, du couloir de la Saône et du Rhône et de l’est du Massif Central. Ces nappes accusent toujours les déficits pluviométriques de ces dernières années, même si l’effet bénéfique de la recharge continue à se faire sentir. Les tendances observées en mars 2020 sont hétérogènes, du fait d’une forte recharge en début de mois suivie de déficits pluviométriques à partir du 10 mars. Les nappes les plus réactives du pourtour méditerranéen, des calcaires jurassiques du Bassin parisien et du socle breton sont très sensibles aux pluies. Leurs niveaux stables ou en baisse annoncent probablement le début de la vidange estivale. Sur l’ensemble des autres nappes du territoire, les pluies importantes de début mars ont permis de poursuivre la recharge. Sauf événements pluviométriques exceptionnels, les tendances devraient continuer à s’inverser courant avril, marquant la fin de la période de recharge.« 

Carte de France de la situation des nappes au 1er avril 2020 (copyright : BRGM).

Sur notre région Centre-Val de Loire, au 05 avril 2020, la plupart de nos nappes présentait des niveaux satisfaisant pour un début avril.

Copyright : DREAL Centre.

Mais… Avec la chaleur et le déficit pluviométrique de cette première quinzaine d’avril, les niveaux ont commencé à baisser

Ces prochains jours, de l’instabilité apportera un peu d’eau sur nos sols qui en ont grand besoin.

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N’hésitez pas à consulter régulièrement nos bulletins de risques météorologiques pour plus d’informations.