Archives par étiquette : association meteo centre

Vers des conditions fraîches et humides au moins jusqu’à la mi-décembre ?

VERS DES CONDITIONS FRAÎCHES ET HUMIDES AU MOINS JUSQU’A LA MI-DECEMBRE ?

Depuis quelques jours, des conditions de nouveau plus fraîches et humides concernent le pays et nos régions Centre-Val de Loire et Centrales. Elles pourraient perdurer au moins jusqu’à la mi-décembre…

Copyright : Association Météo Centre.

L’Europe de l’Ouest et la France entre deux blocages anticycloniques…

En ce début décembre, l’Europe de l’Ouest (dont la France) se retrouve « coincée » entre deux solides blocages anticycloniques : un dans l’Atlantique Nord, un autre continental sur l’Ouest de la Russie. Entre ces deux zones de hauts géopotentiels (= anticyclone), d’importantes anomalies dépressionnaires « glissent » de l’Islande vers la France « comme sur un toboggan » nous valant des conditions fraîches et humides.

Anomalies des géopotentiels dans l’hémisphère Nord prévues pour le 4 décembre 2020 (copyright : run 12z 02/12/2020 du modèle ECMWF via Météociel, carte légendée par notre association Météo Centre).

Une configuration météorologique qui pourrait perdurer plusieurs jours…

Pour les 10 prochains jours, la configuration météorologique restera complètement bloquée entre l’Atlantique Nord et l’Europe : la France sera cernée entre deux puissantes ondes de Rossby (les deux fameux blocages anticycloniques évoqués précédemment).

Anomalies des géopotentiels entre l’Atlantique Nord et l’Europe prévues entre le 2 et 10 décembre 2020 (copyright : run 12z 02/12/2020 du modèle ECMWF via Météociel).

En conséquence, un flux d’Ouest à Nord-Ouest accompagné d’un air froid d’origine polaire maritime concernera notre pays pendant plusieurs jours. Pour autant, on ne parlera pas de vague de froid mais simplement d’un temps de saison. En effet, comme cet air froid sera d’origine maritime, il aura eu le temps de « légèrement se réchauffer » en progressant au-dessus de mers plus douces, limitant la baisse du mercure en France.

Anomalies de température à 850 hPa soit environ 1500 d’altitude entre les 02 et 10 décembre 2020 (copyright : run 12z du 02 décembre 2020 du modèle ECMWF via Tropical Tidbits). Anomalies chaudes = orange/rouge et anomalies froides = bleu/violet.

Temps souvent pluvieux, frais, venté en plaine et parfois neigeux notamment en montagne…

Cette synoptique météo sera favorable à des passages pluvieux plus réguliers apportant un peu d’eau sur la France et nos régions Centre-Val de Loire et Centrales. Le Sud-Ouest du pays, la côte Atlantique, les côtes de la Manche et les Alpes seraient potentiellement les régions les plus arrosées. Toutefois, les cumuls resteront souvent trop insuffisants pour pallier le manque d’eau observé lors de notre automne météorologique 2020 (notamment sur nos régions centrales). D’autres modèles sont plus « optimistes » sur les quantités d’eau envisagées.

Cumuls de précipitations prévus entre les 02 et 10 décembre 2020 (copyright : run 12z du 02 décembre 2020 du modèle ECMWF via WXCharts).

En montagne, il neigera fréquemment à basse altitude en bonne quantité. L’Ouest des Pyrénées et les Alpes seront même copieusement enneigés ces prochains jours (localement > 1m en moyenne montagne et bien plus en haute montagne). En plaine, le risque est plus localisé et éphémère : la masse d’air n’est pas assez froide pour observer d’importantes chutes de neige. Même si quelques surprises pourront se produire sur certaines localités (éventuellement de la neige par isothermie = prévision complexe à affiner au quotidien), elles resteront souvent faibles, très localisées et temporaires sur le Nord du pays (dont nos régions centrales = risque à affiner quotidiennement).

Cumuls de précipitations prévus entre les 02 et 10 décembre 2020 (copyright : run 12z du 02 décembre 2020 du modèle ECMWF via WxCharts).

Des températures fraîches au moins jusqu’à la mi-décembre ?

En s’appuyant sur le modèle européen (ECMWF), les températures resteraient fraîches au moins jusqu’à la mi-décembre sur l’Europe de l’Ouest, notamment sur la France.

Anomalies de température prévues par le modèle ECMWF pour la période du 30 novembre au 6 décembre 2020 (copyright : modèle ECMWF via Copernicius).
Anomalies de température prévues par le modèle ECMWF pour la période du 7 au 13 décembre 2020 (copyright : modèle ECMWF via Copernicius).

Pour la deuxième quinzaine de novembre, des incertitudes sont encore présentes. Aucune anomalie nette n’est envisagée pour l’instant en France (températures proches des normes ?).

Anomalies de température prévues par le modèle ECMWF pour la période du 14 au 20 décembre 2020 (copyright : modèle ECMWF via Copernicius).
Anomalies de température prévues par le modèle ECMWF pour la période du 21 au 27 décembre 2020 (copyright : modèle ECMWF via Copernicius).

Nos prévisionnistes surveillent régulièrement l’évolution de la situation…

Restez informés via notre site et nos réseaux sociaux (facebook et twitter).

Pour consulter la météo près de chez vous –> www.meteo-centre.fr.

Perspectives pour l’hiver 2020/2021…

PERSPECTIVES POUR L’HIVER 2020/2021…

En ce mardi 1er décembre 2020, premier jour de l’hiver météorologique, voici les dernières tendances météo du prochain trimestre Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021…

Copyright : Association Météo Centre.

Un automne 2020 doux et très contrasté avec un net déficit pluviométrique en novembre…

L’automne météorologique s’est achevé ce 30 novembre 2020… Malgré quelques périodes froides (notamment entre la toute fin septembre et le mois d’octobre), c’est la douceur qui a dominé les débats.

Copyright : Météo France.

D’après Météo France, « la température moyenne sur la France et sur la saison se situe +1°C au-dessus de la normale, classant cet automne parmi les automnes les plus chauds depuis le début du XXe siècle. »

Copyright : Météo France.

Côté précipitations, après un mois de septembre plutôt déficitaire, la pluie a fait un retour remarqué en octobre avant un mois de novembre exceptionnellement sec… D’après Météo France, malgré de nombreuses disparités, « en moyenne sur la France, la pluviométrie a été proche de la normale. »

Copyright : Météo France.

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, malgré des pluies bénéfiques en octobre, nos sols ont manqué d’eau lors de cet automne 2020 (hormis sur quelques localités). En effet, sur les principales stations de Météo France, on a relevé sur l’ensemble de l’automne météorologique 2020 :

  • Auxerre-Perrigny (89) : 149,2 mm (moyenne habituelle : 193,1 mm, soit -23%) ;
  • Avord (18) : 187,6 mm (moyenne habituelle : 205,2 mm, soit -9%) ;
  • Blois (41) : 101,2 mm (moyenne habituelle : 180,7 mm, soit -44%) ;
  • Bourges (18) : 182,2 mm (moyenne habituelle : 197,1 mm, soit -8%) ;
  • Chartres (28) : 104,2 mm (moyenne habituelle : 161,4 mm, soit -35%) ;
  • Châteaudun (28) : 104,4 mm (moyenne habituelle : 164 mm, soit -36%) ;
  • Châteauroux (36) : 164,6 mm (moyenne habituelle : 203 mm, soit -29%) ;
  • Nevers (58) : 189,9 mm (moyenne habituelle : 215,2 mm, soit -12%) ;
  • Orléans-Bricy (45) : 108,7 mm (moyenne habituelle : 172,9 mm, soit -27%) ;
  • Romorantin (41) : 150,8 mm (moyenne habituelle : 190,2 mm, soit -21%) ;
  • Tours (37) : 147,6 mm (moyenne habituelle : 192,1 mm, soit -23%) ;
  • Vichy-Charmeil (03) : 150,1 mm (moyenne habituelle : 206,7 mm, soit -27%).
Cumuls des précipitations sur la période Septembre 2020 – Octobre 2020 – Novembre 2020 sur les régions Centre-Val de Loire et Centrales (source données : Météo France / copyright : Association Météo Centre). Cliquez sur l’animation pour l’agrandir.

Au 29 novembre 2020, le niveau des nappes phréatiques sur nos régions Centre-Val de Loire et centrales est globalement inférieur à la normale avec une tendance à la baisse en raison d’un mois de novembre peu arrosé (malgré un mois d’octobre pluvieux)…

Niveau des nappes phréatiques au 29 novembre 2020 (copyright : DREAL Centre-Val de Loire).

Après cet automne 2020 très doux et trop peu arrosé au final, qu’en sera-t-il pour l’hiver à venir ?

Vers un hiver 2020-2021 proche des normes ?

Qu’est ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière est une tendance météorologique à long terme. A contrario des prévisions classiques à une échéance de quelques jours, elles restent approximatives. En effet, il est impossible de prévoir la chronologie exacte des mois à venir ni de localiser où une vague de froid va se produire plusieurs mois à l’avance. Néanmoins, ces prévisions saisonnières donnent un scénario le plus probable sur le ou les mois à venir : elles nous renseignent sur l’anomalie de températures et de précipitations sur une région donnée. Ces prévisions sont réalisées à partir de modèles et indices météo issus de différents pays. A ce jour, elles restent encore « expérimentales » malgré les progrès dans ce domaine au cours de ces dernières années. Les données présentées ici sont donc à prendre avec un certain recul.

Quelle tendance se dégage sur les modèles météo ?

D’après les principaux modèles saisonniers, en moyenne sur la période hivernale (Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021), les basses pressions devraient prédominer sur le Nord de l’Europe avec un flux perturbé de l’Islande à la Scandinavie. Les conditions anticycloniques (hautes pressions) s’imposeraient quant à elle plus régulièrement vers le bassin méditerranéen et le Sud de l’Europe. Ce type de configuration serait typique d’un courant majoritairement océanique sur l’Europe (flux d’Ouest) mais avec un flux perturbé plus au Nord qu’habituellement.

Anomalies de pression envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).
Anomalies de géopotentiel envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Au niveau des températures, elles se montreraient anormalement douces sur le Nord/Nord-Est de l’Europe. Vers la France, aucun scénario ne se dégage (températures plutôt de saison à légèrement plus douces que la normale en moyenne).

Anomalies de température envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Côté précipitations, les pluies seraient plus fréquentes sur une petite partie Nord de l’Europe. Elles se montreraient déficitaires vers le Sud de l’Europe et la Méditerranée.

Anomalies de précipitation envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Que prévoit le modèle interne de notre association Météo Centre ?

Notre modèle interne à Météo Centre (modèle statistique de prédiction pour la France) s’oriente vers des conditions très classiques/de saison pour notre hiver 2020/2021. Ce modèle, réalisé par Jérémy Surcin, (l’un de nos administrateurs et climatologue au CNRS), est basé sur plus de 150 variables d’entrées (observations et analyse) qui ont permis d’effectuer une ACP (analyse en composante principale). Nous avons affiné cela par un modèle statistique « cross validation ». Une simulation a été réalisée sur une période de 30 ans (1988-2018) et nous avons obtenu 81% de fiabilité pour les précipitations (91% pour les 10 dernières années). Concernant les températures, nous avons 59% de fiabilité sur les 30 années (67% sur les 10 dernières années). Ce modèle reste expérimental et scientifique. De nouveaux travaux statistiques seront développés et intégrés par la suite afin d’améliorer la prévision. Pour le moment, il n’y a aucun paramètre concernant la physique de l’atmosphère (le chiffre en abscisse est le numéro de simulation correspondant à la date dans le tableau ci-dessous).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

En faisant la moyenne des simulations, aucune anomalie particulière ne se dégage concernant les températures. Sur l’ensemble de l’hiver (décembre 2020 à février 2021), elles seraient globalement proches des normes (hiver de saison).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

Au niveau des précipitations, une tendance plus sèche que la normale (possible déficit pluviométrique d’environ -20%) se profilerait sur l’ensemble de notre hiver (décembre 2020 à février 2021).

Copyright : Association Météo Centre.
Copyright : Association Météo Centre.

Quelle tendance mois par mois d’après notre association Météo Centre en France ?

Après analyse des modèles, d’après nos prévisionnistes de l’association Météo Centre, notre hiver se montrerait globalement de saison (à tendance légèrement plus douce notamment à cause du mois de janvier) :

  • Décembre 2020 (quelques incertitudes avec deux scénarios probables) :
    • un scénario de saison à dominante plus douce, ventée et océanique ;
    • un scénario à dominante plus froide avec une possible période bien hivernale entre la deuxième décade et Noël (possibles dorsales sur l’Atlantique ou blocages aux hautes latitudes favorisant des conditions plus hivernales : NAO- ?) ;
  • Janvier 2021 (accord quasi-unanime sur les modèles) : très doux et humide en perspective avec un flux à dominante océanique (risque de tempête(s)) avec pas ou peu de gelées) ;
  • Février 2021 (pas d’accord unanime encore sur les modèles) : de saison (à tendance plus froide) et dominante sèche.

Sur l’ensemble de la période hivernale (décembre 2020 à février 2021), un déficit pluviométrique paraît probable.

Quelle tendance d’après Météo France en Europe et en France ?

Pour les températures, « sur la Scandinavie et le pourtour de la Baltique, le trimestre prochain devrait être plus chaud que la normale. Sur l’Europe de l’Est et la Méditerranée, la majorité des modèles optent pour un scénario chaud, avec une probabilité toutefois moins forte. Sur l’ouest du continent, l’incertitude est plus grande, le scénario froid est cependant le moins probable. »

Copyright : Météo France.

Pour les précipitations, « sur la Scandinavie et autour de la mer Baltique, le temps, au cours du trimestre prochain, devrait être en moyenne plus pluvieux que la normale. À l’inverse, sur les régions méditerranéennes, on s’attend à des conditions plus sèches que la normale. Entre ces deux zones, aucun scénario n’est privilégié pour le trimestre. »

Copyright : Météo France.

Pour Météo France, « s’il est peu probable que la France connaisse un hiver froid en moyenne sur le trimestre, l’incertitude demeure entre un scénario normal ou plus doux que la normale. Pour les précipitations, le pourtour méditerranéen devrait connaître un temps plus sec que la normale. Aucune option majoritaire ne se dégage sur le reste du pays.« 

Cet hiver, malgré quelques incertitudes, la configuration météorologiques dominante sur les modèles serait donc une Oscillation Nord Atlantique (NAO) positive.

Pour rappel, l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO) représente la différence de pression entre les Açores et l’Islande.

Effets de l’anomalie positive et négative de l’ONA sur les systèmes météorologiques (copyright : Martin Visbeck et Heidi Cullen et Pierre_cb).

En hiver, plus la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est positive (30% des régimes en Europe). On observe alors un courant d’Ouest perturbé avec de fréquentes perturbations pluvieuses et venteuses sur l’Europe (notamment sur la partie Nord). Les températures sont alors généralement douces et l’influence est majoritairement océanique.

A contrario, moins la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est négative (20% des régimes en Europe). On constate alors que le courant d’Ouest reste peu actif voire inopérant : l’anticyclone des Açores et les dépressions près de l’Islande changent de place et peuvent même s’inverser. Dans ce cas de figure, le flux peut s’orienter au Nord/Nord Est voire à l’Est, ramenant le froid en Europe de l’Ouest. Comme les hautes pressions remontent vers le Pôle Nord, le vortex polaire est chamboulé et on peut alors observer un displacement event ou un splitting event.

Les autres régimes en Europe sont les dorsales (23% des régimes en Europe) et les blocages (27% des régimes en Europe).

Anomalie journalière de pression de surface (millibar) correspondant aux quatre régimes de temps d’hiver (de novembre à mars) sur l’Atlantique Nord. Le pourcentage représente l’occurrence moyenne de ces régimes sur la période 1974-2007 (copyright : CNRS).

Questionnement / Réflexion

En s’appuyant uniquement sur les modèles, avec une NAO+ dominante et dans un contexte de changement climatique, on pourrait avoir des conditions à dominante anticyclonique et plus sèche que la normale en France (notamment vers le Sud du pays), à l’image de ces dernières années. Avec le réchauffement climatique, les hivers froids deviennent de moins en moins fréquents et un hiver doux paraît bien plus probable. En cette fin d’année 2020, l’ensemble des modèles s’orienterait vers un hiver globalement de saison (à légèrement plus doux que la normale).

Toutefois, cela ne veut pas forcément dire qu’il fera excessivement doux en permanence ou qu’il ne neigera pas… D’autant plus qu’une configuration météorologique prédominante peut cacher de nombreuses disparités. En effet, au regard de divers indices et après analyse de plusieurs paramètres, cet hiver 2020/2021 semblerait plus ouvert à de potentielles intempéries hivernales (ondulations/dorsales sur l’Atlantique Nord favorisant des décrochages polaires vers l’Europe voire de potentiels blocages entre l’Atlantique Nord et la Scandinavie favorisant un flux de Nord-Est notamment en décembre et en février) que l’hiver 2019/2020 très doux (d’où des températures quasi-proches des normes simulées sur les modèles au final ?).

Seul bémol, à l’heure actuelle, les réserves d’air très froid près de l’Europe sont pour l’instant plutôt assez faibles mais des surprises peuvent très vite arriver en météo (souvenir de l’hiver 2011-2012 globalement doux mais marqué par une forte vague de froid en février 2012)… Nous insistons bien sur le fait qu’il est impossible de prévoir une vague de froid plusieurs semaines à l’avance. Il convient donc d’être prudent sur les affirmations certaines en météorologie. Il faut savoir prendre du recul…

Conclusion

D’après notre association Météo Centre, les dernières tendances en France s’orienteraient donc vers une période hivernale (Décembre 2020 – Janvier 2021 – Février 2021) globalement de saison au niveau des températures (à tendance légèrement plus douce) avec un probable déficit pluviométrique. Périodes plus douces et plus froides alterneraient tout au long de notre hiver avec un flux d’Ouest dominant. Le mois de janvier serait le mois le plus doux de notre hiver. Des offensives hivernales se montreraient plus probables en décembre et en février.

Pour recevoir les prévisions saisonnières précises et détaillées pour les mois à venir, n’hésitez pas à adhérer à notre association.

Nos prévisionnistes surveillent régulièrement l’évolution de la situation…

Restez informés via notre site et nos réseaux sociaux (facebook et twitter).

Pour consulter la météo près de chez vous –> www.meteo-centre.fr.

Adieu vigilances… bonjour risques météorologiques !

L’association Météo Centre a émis au moins une fois par jour des bulletins de vigilances pour les régions Centre – Val de Loire et Centrales durant 8 années.

Il est maintenant temps de faire évoluer ce service à l’aube d’une nouvelle décennie et de laisser aux services de Météo France la priorité sur l’utilisation du terme vigilance. Cela permettra au grand public et aux professionnels d’y voir plus clair.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer au 30/12/2019 le service de risques météorologiques que vous pouvez retrouver dès à présent en cliquant ici.

Les phénomènes météorologiques suivis sont les mêmes qu’auparavant : les brumes et brouillards, la chaleur et le risque de canicule, les crues, les gelées et le risque de verglas, les orages, les précipitations (averses, grésil, grêle, neige, pluie, pluie verglaçante), les rafales de vent et le risque de tempête.

Ce nouveau système a été pensé pour sortir du carcan des départements et des territoires les composants. C’est pourquoi un système de zonation différent sera désormais utilisé.

Le service de risques météorologiques est indépendant des vigilances de Météo France.

Bonne journée.

Nouvelle webcam à Salbris (41)

Bonjour à toutes et à tous,

une nouvelle webcam est à votre disposition sur notre site. Cette dernière est située dans le Loir-et-Cher (41) à Salbris et est mise à jour toutes les 2 minutes.

Webcam de Salbris (41) – Vue Ouest

Pour la retrouver en ligne cliquer ici ou sur l’image ci-dessus.

Merci à Jérémy Surçin (administrateur de l’association) pour l’hébergement de la webcam et son installation.

Bonne journée à toutes et à tous.

Tempêtes de 1999 : 20 ans déjà !

Souvenez-vous ! Entre les 26 et 28 décembre 1999, deux tempêtes exceptionnelles ont frappé la France et nos régions centrales : Lothar au Nord, Martin au Sud. Retour en images et explications sur cet événement historique…

Dégâts de la tempête Lothar, 27 décembre 1999, dans le Nord du Centre-Val de Loire. Image d’archive INA / Institut National de l’Audiovisuel.

Fin décembre 1999, un contexte météorologique propice à la formation des tempêtes en Europe de l’Ouest ?

Sous l’influence d’un vaste complexe dépressionnaire positionné entre le Groenland et le Nord de l’Europe, un courant océanique très perturbé dominait la France pour cette fin d’année 1999. Dans ce flux d’Ouest très rapide, une succession de perturbations pluvieuses et venteuses a balayé notre pays avec le passage de deux fameuses tempêtes, Lothar et Martin, entre les 26 et 28 décembre 1999.

Evolution des centres d’action sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 25 et 28 décembre 1999 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).

Ces deux tempêtes ont profité d’un courant-jet (courant de vent à très haute altitude, vers 9000 mètres) extrêmement costaud avec des vents soufflant à plus de 400 km/h voire même 500 km/h selon certains relevés, ce qui est exceptionnel !!!

Evolution du courant-jet / jet stream sur l’Atlantique Nord et l’Europe entre les 25 et 28 décembre 1999 (copyright : archives des réanalyses ERA de ECMWF/CEP via Météociel).

Qu’annonçait la météo à la télévision pour cette fin d’année 1999 ?

Dès le 23 décembre 1999, les modèles de Météo France entrevoyaient un risque de tempête pour le 26 décembre. La situation étant jugée assez préoccupante, des bulletins d’alerte annonçant des vents violents étaient alors diffusés vers les services de la Sécurité civile (procédure de l’époque).

Le 24 décembre 1999, Météo France annonçait des vents forts et de fortes vagues sur la Manche et près de l’arc Atlantique pour les jours à venir.

Le 25 décembre 1999, Météo France prévoyait bien une tempête sur le Nord de la France pour le 26 décembre 1999 avec jusqu’à 130/140 km/h sur le littoral et 100/110 km/h dans les terres. Quelques heures avant le passage de la première tempête, Lothar, les bulletins météo télévisés évoquaient des vents forts à violents sur une partie de la France mais ne parlaient en aucun cas d’une tempête d’une extrême violence !

Météo la veille de la tempête qui ravagea le Nord de la France – France 3.
Météo la veille de la tempête qui ravagea le Nord de la France – France 2.

Pour Martin, les services météorologiques et bulletins météo télévisés évoquaient également des vents forts à violents sur une partie de la France mais tout comme Lothar, la force des vents a été sous estimée…

Bulletin météo TF1 du 27 décembre 1999 (soir) [Ouragan Martin]

Pourquoi la violence de ces deux tempêtes a-t-elle été mal anticipée ?

Pour Lothar, ce sont le caractère « explosif » de son développement couplé à un creusement rapide qui ont été mal appréhendés par les modèles météo. Par ailleurs, certaines données faisant état d’un courant-jet avec des vents de plus de 500 km/h étaient jugées « erronées » à l’époque. En effet, une telle valeur était plus que remarquable et extrêmement rare !

Pour Martin, le manque d’observations et le rejet des données du même type que Lothar (mauvaises analyses de la pression et de divers paramètres d’altitude) ont amené à une autre sous-estimation de la valeur des vents.

Lothar et Martin, deux tempêtes d’une intensité exceptionnelle ?

Profitant d’un flux océanique très perturbé, Lothar et Martin ont rapidement traversé la France à la vitesse de 100 km/h, témoignant du flux d’Ouest extrêmement rapide.

  • Lothar :

Lothar s’est formée dans le courant de la soirée de Noël, le 25 décembre 1999. Elle s’est développée très rapidement avec un caractère « explosif » en se dirigeant droit sur la France. En fin de nuit du 25 au 26 décembre, elle a abordé le Nord Ouest de la France par la baie du Mont-Saint-Michel avec une pression inférieure à 970 hPa puis elle a traversé le Nord du pays dans la matinée du 26 décembre 1999 avec une pression proche de 960 hPa sur le Nord Est de la France. A la mi-journée, elle s’est décalée vers l’Europe Centrale.

Evolution de la tempête Lothar le 26 décembre 1999 (images satellites via Météo France).
Trajectoire de la dépression Lothar entre les 25 et 26 décembre 1999 (copyright : Météo France).

La tempête Lothar a touché 56% du territoire et duré 22h d’après Météo France. On a mesuré jusqu’à 173 km/h à Saint-Brieuc (22) et Solenzara (2A) en France et 151 km/h à Orléans-Bricy (45) sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales.

Rafales de vent maximales mesurées lors du passage de la tempête Lothar le 26 décembre 1999 sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales (carte / données : Météo France, villes ajoutées par l’Association Météo Centre). Pour voir la carte d’origine, cliquer ici.

Vous pouvez retrouver les excellentes archives de Météo France sur cette tempête Lothar ici.

  • Martin :

Martin s’est formée au large de la Bretagne dans la matinée du 27 décembre 1999. Tout comme Lothar, elle s’est rapidement développée avec un caractère « explosif » et a abordé le Sud de la Bretagne en fin d’après-midi avec une pression de l’ordre de 965 hPa en son centre ! En soirée, elle a traversé le centre du pays. Dans le courant de la nuit du 27 au 28 décembre 1999, elle s’est progressivement comblée en se décalant vers l’Est. Entre la fin de nuit et la matinée du 28 décembre, en lien avec Martin, une autre dépression s’est formée dans le Golfe de Gênes et a donné de fortes rafales de vent en Corse.

Evolution de la tempête Martin entre les 27 et 28 décembre 1999 (images satellites via Météo France).
Trajectoire de la dépression Martin entre les 27 et 28 décembre 1999 (copyright : Météo France).

La tempête Martin a touché 50% du territoire et duré 28h d’après Météo France. On a mesuré jusqu’à 198 km/h à la Pointe de Chassiron (17) en France et 137 km/h à Saint-Nicolas-des-Biefs (03-montagne bourbonnaise) et 126 km/h à Vichy (03) sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales.

Rafales de vent maximales mesurées lors du passage de la tempête Martin les 27 et 28 décembre 1999 sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales (carte / données : Météo France, villes ajoutées par l’Association Météo Centre). Pour voir la carte d’origine, cliquer ici.

Vous pouvez retrouver les excellentes archives de Météo France sur cette tempête Martin ici.

Lothar et Martin, deux tempêtes dévastatrices et meurtrières…

L’ensemble des 2 tempêtes (Lothar et Martin) a fait 140 victimes en Europe dont 92 en France. Ces sont des milliards d’euros de perte économique à elles-deux (foyers privés d’électricité, arbres déracinés, infrastructures routières et ferroviaires fragilisées, maisons endomagées, etc.). Rien qu’avec Lothar, ce sont près de 100 millions de mètres cubes de bois qui ont été abattus (entre 5 et 10 % de la forêt française).

Voici quelques extraits des journaux télévisés de l’époque en France et sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales :

  • en France :
TF1 13H [Spéciale Tempête 1999] Titres 27/12/1999 (Jean-Pierre Pernaut).
Le 20 heures du 26 décembre 1999 -TF1.
20h France 2 du 26 décembre 1999 – Tempête meurtrière sur la France | Archive INA.
JA2 20H EMISSION DU 28/12/1999.
Rétrospective avec des images d’archives de la première tempête (Lothar) qui a touché la France le 26 décembre 1999 d’Ouest en Est. La Bretagne, la Normandie, l’Ile de France se sont réveillés sous des rafales atteignants des niveaux records : 200 kilomètres heure. Des centaines de pylônes sont réduits à l’état de ferraille. Plus de 2 millions de personnes seront privés d’électrité. 80 % des routes secondaires sont coupées au nord de la Loire. 53 personnes trouveront la mort. Images d’archive INA / Institut National de l’Audiovisuel.
  • en région Centre-Val de Loire :
27 décembre 1999. Point sur les conséquences de la tempête Lothar qui a balayé la région Centre. Retour en images sur les dégâts matériels importants, point sur les circulations routière et ferroviaire. Les images de dégâts matériels , d’arbres déracinés alternent avec des images de pompiers, d’agents EDF au travail. Images d’archive INA / Institut National de l’Audiovisuel.
  • en région Bourgogne :
En décembre 1999, les tempêtes Lothar et Martin ont traversé toute l’Europe, occasionnant des dégâts considérables. Vingt ans après, cet événement a fait changer beaucoup de choses que ce soit dans la manière de travailler des prévisionnistes de Météo France ou dans celle d’exploiter nos forêts. Reportage : Marie Jolly, Dalila Iberrakene, Olivier Allirol, Patrick Jouanin, Marc Ploncard – France 3.
  • en région Auvergne :
26 decembre 1999 – La tempête qui a balayé le nord de la France en ce lendemain de Noël a également touché le département de l’Allier. Si aucune victime n’est à déplorer les pompiers sont intervenus quelques 450 fois dans la journée pour déblayer les routes et bâcher des toitures. Les agents EDF ont été fortement solicités, les fortes rafales de vent ont détruits de nombreux poteaux et installations électriques. Au plus fort de la tempête, 6000 foyers n’avaient plus d’électricité. Les dégâts matériels sont très importants et les pertes sûrement considérables dans bien des entreprises, commerces et exploitations agricoles : exemple chez un éleveur de cailles, qui a perdu les 2000 oeufs, suite à l’arrêt de la couveuse, et le quart de ses poussins privés de lumière et de chaleur. politique; archive television; archive tv; ina; inna; Institut National de l’Audiovisuel; french tv Images d’archive INA Institut National de l’Audiovisuel.
Tempête 1999 dans le Puy de Dôme | Archive INA.
  • en région Limousin :
Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1999, la tempête Martin balaie une grande partie de la France. La Creuse est fortement touchée avec des rafales à près de 160 km/h. Les dégâts sont importants, 20 ans plus tard, des Creusois nous racontent leurs souvenirs de cet événement. France Bleu Creuse.

Les tempêtes de 1999, un déclic pour mieux informer sur les risques météo ?

Après ces catastrophes naturelles, à la demande de l’Etat, Météo France a réfléchi sur la mise au point d’un dispositif d’alerte et d’anticipation des risques météorologiques. C’est ainsi qu’après quelques mois de réflexion, en 2001, la Vigilance météorologique a vu le jour afin d’améliorer l’information des populations.

Pour les 20 ans de cet événement majeur, Météo France a reconstruit les cartes de vigilance qui auraient été produites si les tempêtes de 1999 se produisaient aujourd’hui :

  • pour Lothar, 46 départements auraient été placés en Vigilance rouge (dont le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Loiret, la Nièvre et l’Yonne sur nos régions centrales) et 19 en Vigilance orange (dont l’Allier sur nos régions centrales)
Tempête Lothar : carte de vigilance simulée par Météo France.
  • pour Martin, 35 départements (dont l’Allier et l’Indre sur nos régions centrales) et l’Andorre auraient été placés en rouge, 16 en orange (dont le Cher, l’Indre-et-Loire et la Nièvre sur nos régions centrales)
Tempête Martin : carte de vigilance simulée par Météo France.

Pour savoir comment a évolué le dispositif de Vigilance de Météo France depuis le début des années 2000, n’hésitez pas à consulter le lien suivant : « Tempêtes de 1999 : naissance et évolution du dispositif de Vigilance« .

Les tempêtes de 1999 auraient elles pu être mieux appréhendées, si elles se produisaient aujourd’hui ?

D’après Météo France, « l’amélioration continue de nos modèles de prévisions numériques du temps, soutenue par la recherche et par l’augmentation considérable de la puissance de calcul, permettrait aujourd’hui d’obtenir 36 heures d’anticipation sur la prévision de l’arrivée de Lothar. Avec un système de prévision numérique proche de notre savoir-faire d’aujourd’hui, la prévision pour le 26/12 à 06 UTC, heure à laquelle la dépression a déjà atteint son stade de maturité sur la France, réalisée à partir du 23 décembre à 18 h UTC est de même qualité que la prévision réalisée à l’époque le 25 décembre à 06 h UTC. »

Pour savoir comment Météo France a géré les prévisions des tempêtes en 1999, n’hésitez pas à consulter les liens suivants :

Retrouvez également ce documentaire tourné au début des années 2000 :

Les tempêtes de fin décembre 1999 en Europe sont deux dépressions intenses des latitudes moyennes à développement rapide, nommées respectivement Lothar et Martin, qui ont traversé la France les 26, 27 et 28 décembre 1999. Ces deux cyclones extra-tropicaux de type « bombe » extrêmement puissants, ont également affecté une bonne partie de l’Europe, causant des dommages majeurs par le vent. Les deux systèmes ont fait 92 morts et occasionné 19,2 milliards $US (2006) de dommages matériels. Source du texte : Wikipédia.

Si de telles tempêtes venaient à se reproduire ces prochains mois ou futures années, nous serions donc mieux préparés dans la gestion de l’information des risques météo et de la diffusion auprès du grand public.

Enfin notre Association Météo Centre, créée en 2011 par Olivier Renard et composée uniquement de bénévoles, sert de complément à Météo France, dans le but de faire remonter toutes observations pertinentes et primordiales pour améliorer et faire évoluer les prévisions et mieux anticiper les risques météorologiques. Le développement de notre réseau de stations Météo Centre est aussi l’une de nos priorités afin de mieux quadriller notre territoire et mieux comprendre les phénomènes météo sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales. Nous jouons également un rôle de sensibilisation auprès de tous les publics afin de développer une culture du risque notamment vis à vis du changement climatique.