[Dossier] Formation des cyclones – Exemple de Narelle

La formation des cyclones : le cas du cyclone Narelle en Australie

Introduction

Le cyclone Narelle est arrivé sur les terres australiennes le 20 mars comme cyclone de catégorie 4. C'est-à-dire un cyclone avec des vents de 210 à 249 km/h. Ce phénomène peut donc créer de graves dégâts sur la côte et à l’intérieur des terres.

Nous ne sommes donc pas sur un cyclone mineur. C'est un cyclone assez puissant qui s’est abattu sur les côtes australiennes. Les cyclones sont classifiés sur l’échelle de Saffir-Simpson. C’est une échelle de classification de l’intensité des cyclones (voir ci-dessous).

Tab.1, Echelle de Saffir-Sampson, Météo France

Échelle de Saffir-Sampson, Météo France

Formation d’un cyclone

Un cyclone est un phénomène météorologique extrême. Il se forme généralement dans les régions situées entre les tropiques, près de l’équateur. On pourrait donc penser qu’en France métropolitaine, il est impossible d’observer ce type de phénomène. Pourtant, cette idée est inexacte.

Il existe en effet des « medicanes » (contraction de Mediterranean hurricanes), aussi appelés cyclones méditerranéens. Ce sont des tempêtes rares mais parfois puissantes qui se développent en mer Méditerranée, le plus souvent entre octobre et décembre, lorsque les eaux sont encore chaudes après l’été.

Les medicanes sont des ouragans, avec des vents intenses et de fortes précipitations. Toutefois, ils restent généralement plus compacts et moins durables que les cyclones tropicaux. Leur formation est favorisée par le contraste entre une mer chaude et de l’air froid en altitude. Ceci qui génère un mouvement tourbillonnaire organisé.

Cependant, il ne s’agit pas toujours de medicanes. Il peut aussi arriver que les restes d’anciens cyclones tropicaux atteignent la France et provoquent de violentes tempêtes. Par exemple, les tempêtes de 1999 présentaient une intensité comparable à celle d’un cyclone de catégorie 2 sur l’échelle de Saffir-Simpson, avec des vents moyens pouvant atteindre environ 150 km/h.

Ces tempêtes se sont formées dans un contexte météorologique très perturbé. En effet, il était marqué par un fort contraste de pression atmosphérique entre l’Atlantique et l’Europe. Un courant-jet particulièrement puissant a facilité leur intensification rapide en traversant la France d’ouest en est : entraînant des rafales exceptionnelles et des dégâts considérables.

Ces cyclones vont se former au-dessus des océans. C’est lorsque les eaux sont extrêmement chaudes qu’une évaporation massive va se créer et donc engendrer les cyclones. Vous le comprenez, le changement climatique a un impact majeur sur la multiplication des cyclones mais surtout leur intensité. En effet, les océans se réchauffent massivement et donc créent de plus en plus de cyclones tels que celui que nous avons récemment vu en Australie.

Un cyclone ou un ouragan se forme seulement au-dessus de mers chaudes, à plus de 26 °C, et avec des eaux assez profondes. En dessous de 26 °C, il ne peut pas naître. De plus, un cyclone ne peut jamais traverser l’équateur. Ainsi, il va disparaître presque immédiatement, car la force qui le fait tourner, appelée force de Coriolis, est trop faible. Nous pouvons comparer cela à une toupie : si on essaie de la faire tourner sur une surface où elle ne peut pas prendre appui, elle tombe immédiatement.

Nombre de cyclones dans l'Atlantique Nord (1850-2010)

Fig.1 : Nombre des cyclones dans l’Altantique Nord sur la période 1850 à 2010), Olivier Berruyer 2011.

Fig.1 : Nombre des cyclones dans l'Atlantique Nord sur la période 1850 à 2010), Olivier Berruyer 2011.

Il y a plusieurs catégories pour les systèmes cycloniques, on en retrouve 3 :

  • La dépression tropicale, lorsque nous sommes dans une situation où le vent est inférieur à 63km/h,
  • La tempête tropicale, lorsque nous sommes dans une situation où le vent est compris entre 63 et 117 km/h,
  • Le cyclone tropical, lorsque nous sommes dans une situation où le vent est supérieur à 117 km/h.

Différence entre un cyclone et une tornade

La confusion arrive parfois, souvent, mais il faut bien distinguer un cyclone d’une tornade, car ces deux phénomènes météorologiques sont bien deux phénomènes distincts.

Fig.2 : Formation d’une tornade, Futura

Fig.2 : Formation d’une tornade, Futura

Une autre différence notable entre une tornade et un cyclone réside dans leur mode de formation. Une tornade se forme généralement à partir d’un conflit de masses d’air. À l’inverse, un cyclone n’a pas besoin de ce type de confrontation : il se développe principalement au-dessus d’eaux chaudes, dont la température dépasse environ 26 °C (exemple Img.1 ci-dessous).

Dans le cas des tornades, ce conflit de masses d’air est essentiel. Il se produit notamment lorsque de l’air chaud et humide remonte depuis le sud (par exemple depuis le golfe du Mexique aux États-Unis) et rencontre de l’air plus froid et sec descendant du nord, d’origine polaire ou continentale. Cette opposition crée une forte instabilité atmosphérique, à l’origine de violentes dégradations orageuses (Fig.2).

Ces orages peuvent alors s’organiser en supercellules, au sein desquelles des mouvements de rotation se développent, pouvant donner naissance à une tornade. Le schéma ci-dessus représente précisément ce mécanisme de formation.

La différence notable se trouve surtout au niveau du diamètre : pour la tornade, nous sommes sur un diamètre de quelques centaines de mètres (Img.1 et Img.2 ci-dessous). Pour un cyclone, nous sommes sur un diamètre large de plusieurs kilomètres.

Une autre différence à noter est aussi sur le nombre de cellules convectives que nous allons retrouver. Côté tornade, nous n’en avons qu’une seule, c’est d’ailleurs cette cellule qui va former cette tornade. Pour un cyclone, nous avons en son sein plusieurs, voire une dizaine de cellules convectives.

Maintenant vous avez toutes les clés pour ne plus confondre une tornade avec un cyclone, en espérant tout de même que vous n’aurez jamais l’occasion d’en voir en vrai.

Différents noms en fonction de la zone géographique

Les cyclones tropicaux portent des noms différents en fonction de la zone géographique où ils se produisent :

  • Comme premier terme, nous avons celui d'ouragan, celui-ci est notamment utilisé dans l’Atlantique nord et le Pacifique nord-est. Ce sont ceux que l’on retrouve dans les Caraïbes ou aux États-Unis.
  • Nous avons ensuite le Typhon, qui est lui utilisé dans le Pacifique Nord-Ouest, c’est-à-dire dans l’Asie de l'Est, en Chine ou aussi au Japon
  • Nous avons aussi le terme employé depuis le début qui est le cyclone, utilisé spécifiquement dans le Pacifique sud et l'océan Indien. Comme en Australie par exemple
  • Tempêtes sur les côtes européennes.
Fig.3, Zone géographique des appellations, Chaîne Météo

Fig.3, Zone géographique des appellations, Chaîne Météo

Le cyclone Narelle

Img.3, Trajectoire du cyclone Narelle, Meteo-Paris

Img.3, Trajectoire du cyclone Narelle, Meteo-Paris

Le cyclone Narelle arrive donc sur les côtes australiennes le 20 mars 2026, il touche le nord du Queensland, dans la région de Cape York. Lorsque ce cyclone arrive, c’est à ce moment-là qui l’est le plus intense. Ainsi, une fois arrivé sur les terres, il perd en intensité, car il n’a plus son "carburant", qui est l’océan.

Pourtant, ce cyclone est assez particulier, puisque malgré son arrivée sur les terres, il a eu une espérance de vie assez remarquable. En effet, il a réussi à se maintenir en vie plus d’une semaine. Ceci est assez rare pour être souligné.

Ce qui explique cela est que le cyclone a tout simplement fait des va-et-vient entre les terres et l’océan, c’est-à-dire que dès qu’il perdait un peu en intensité, il venait se recharger ensuite dans l’océan.

Le cyclone, c’est ensuite dirigé vers l’ouest de l’Australie et plus précisément le golfe de Carpentarie. Il est ensuite revenu sur les terres entre Broome et Darwin. Il y aura eu d’énormes rafales de vent allant jusqu’à 240 km/h ainsi que des pluies très importantes. Ces dernières ont notamment créé des crues et des inondations importantes dans cette partie du pays. C’est ensuite la ville de Perth qui a été touchée en dernière par ce cyclone, à la fois original, car nous n’en avions pas vu de la sorte depuis plus de 20 ans, mais aussi relativement puissant, notamment à cause des nombreuses fois où il se retrouvait au-dessus de l’océan.

Le cyclone a ensuite fini sa course dans le sud du pays avant de se dissiper progressivement.

Une originalité : un ciel apocalyptique

Une des originalités de ce cyclone est ce ciel rouge sang, que certains Australiens ont pu observer au niveau de la ville de Shark Bay. Ce ciel digne d’une scène apocalyptique est en réalité causé par le cyclone, il prévient même de son arrivée. Si le ciel australien apparaît si rouge (Img.4), c’est à cause du sable présent dans les déserts australiens qui sont riches en oxyde de fer. Cet oxyde de fer possède une forte teinte rouge, c’est la raison pour laquelle le ciel est si rouge comme sur la photo ci-dessus. Mais, comment le sable s’est-il retrouvé dans le ciel et pourquoi cela a un lien avec notre cyclone Narelle ?

Img.4 : Illustration d’un ciel chargé en sable, Meteo-Paris

Img.4 : Illustration d’un ciel chargé en sable, Meteo-Paris

Comme nous l’avons vu durant notre article, les cyclones produisent des vents forts et puissants. Ce sont ces vents qui ont ramené ce sable dans l’atmosphère et qui ont donc créé ce ciel tiré d’un film apocalyptique. Ce ciel annonce aussi l'arrivée ou le passage du cyclone.

Prévision d’un Cyclone

Il est tout simplement impossible d’empêcher un cyclone d’arriver sur les côtes. Cependant, il est possible de le prévenir et ainsi de permettre aux habitants sur place d’évacuer pour limiter les pertes humaines. Par exemple, la formation des vents que va engendrer le cyclone peut être prédite plusieurs jours avant l'arrivée du cyclone. Le seul problème des prévisions et de connaître la trajectoire et l’intensité exactes du cyclone. On peut certes déterminer la zone sur laquelle le cyclone va frapper, mais il sera dur de donner la localisation précise.

Il est aussi possible de limiter les dégâts matériels d’un cyclone. Pour cela, il faut réaliser des ouvrages plus résistants face aux rafales et donc respecter les règles de construction paracyclonique. Cette règle doit s'appliquer pour réaliser tout ouvrage dans ces zones propices au développement de potentiels cyclones. Les ouvrages doivent donc être résistants au vent et à la pluie.

Il est difficile de prévoir la trajectoire d’un cyclone ou même d’une simple tempête sur l’Europe, car de nombreux facteurs physiques comme la pression atmosphérique en son centre peuvent rapidement changer et s’influencer entre eux. Malgré les progrès techniques, il est quasi impossible de donner la trajectoire exacte d’un cyclone.

Conclusion

Les cyclones tels que le cyclone Narelle sont des cyclones particulièrement virulents. Avec le changement climatique, nous devrons malheureusement nous habituer à de telles situations climatiques (Img.3), avec le réchauffement des océans. Le cas de Narelle reste particulièrement exceptionnel pour la région, car nous le rappelons, mais cela reste du jamais-vu depuis 21 ans.

Références

https://www.cyclonextreme.com/

Rédigé par COUPELANT Maël - 3ᵉ année de licence de Géographie spécialité science de l’atmosphère (Université d'Orléans)