Origines et conséquences des particules fines dans le Centre - Val de Loire
Nous n’en avons pas l'impression, mais certaines situations climatiques jouent un grand rôle dans la pollution aux particules fines. En effet, en fonction de la météo à laquelle nous devons faire face, la pollution aux particules fines peut fluctuer.
Les paramètres climatiques qui font varier cette pollution sont notamment la direction et la vitesse du vent mais également les inversions de températures.
Pour rédiger cet article, nous nous sommes basés sur le site Pollutrack, et l’article Climatologie & Pollution : le rôle de la météo sur la pollution aux particules fines.
Article rédigé par : Maël Coupelant et Jérémy Surcin
Reportage sur ce thème de TV Centre - Val de Loire du 28 juillet 2026
Les particules fines PM 2.5
Les particules fines PM2.5 sont des particules qui sont en suspension dans l’air, elles s'appellent ainsi à cause de leur taille. En effet, leur diamètre est de 2,5 micromètres. Comme le schéma l’illustre, elles sont plus petites que les globules rouges (8 µm),elles peuvent donc aisément s’infiltrer dans notre sang.
Les sources de pollution
Il existe plusieurs sources de pollution aux particules fines. Tout d’abord, parlons des sources anthropiques, c’est-à-dire liées aux activités humaines.
Cette pollution peut provenir, par exemple, des transports ou du chauffage (surtout au bois et au fioul). Cependant, l’industrie est aussi une source anthropique de particules fines comme l’agriculture (utilisation d'engrais et émission d’ammoniaque). L'exposition aux particules fines est donc autant rurale que citadine.
Parlons maintenant des sources naturelles ; elles sont moins connues mais influent pourtant sur la concentration des particules fines dans l’atmosphère. Il s'agit des feux de forêt mais également des tempêtes de sable. Le pollen est par ailleurs considéré comme un polluant même s'il n'est pas présent tout au long de l'année.
Les éruptions volcaniques peuvent aussi augmenter la concentration en particules fines dans l’atmosphère comme les embruns marins en surface près d’une plage.
En conclusion, nous pouvons remarquer que les émissions naturelles peuvent parfois provenir de sources lointaines (tempêtes de sable, feux de forêts ou encore éruptions volcaniques).
Pollution des grandes villes
Comme l’illustre la photo ci-dessus, les grandes villes françaises connaissent de plus en plus d’épisodes de pollution aux particules fines. La météo est en partie une des grandes responsables.
Les inversions de température
Qu’est-ce qu’une inversion de température ?
En temps normal, lorsque l’on monte en altitude, la température baisse, comme indiqué ci-dessous.
Toutefois, dans le cas des inversions de température, l'air est plus chaud en altitude, il surplombe alors une couche d'air plus fraiche.
Ceci bloque l’air plus froid et piège ainsi les particules fines. Ceci favorise la pollution atmosphérique. Le schéma ci-dessous permet d’illustrer en image ce qu’est une inversion de température et les conséquences que cela engendre.
Nous observons donc grâce à cette illustration que l’air froid est bloqué, comme les nuages de pollution, par cet air chaud qui crée par conséquent une inversion de température.
Les différents types d’inversion
Il existe plusieurs types d’inversion de température :
- Tout d’abord, l’inversion la plus commune est l’inversion nocturne. On peut l'observer lorsqu’il y a des inversions de température le matin (plus importantes en hiver qu’en été).
- Il y a aussi l’inversion de subsidence, celle-ci se produit lors de conditions anticycloniques. Dans ce cas, l’air descend vers sol, c'est pourquoi on parle de subsidence. On note un réchauffement de l'air lors de sa descente.
- Il existe une dernière inversion de température : on parle d'inversion de température sous front chaud. Une inversion de température sous un front chaud se produit lorsque de l’air chaud arrive et glisse au-dessus d’une couche d’air froid restée au sol. L’air froid, plus lourd, reste bloqué près du sol.
Conditions météorologiques favorables aux pics de pollution aux particules fines
Ce sont les conditions anticycloniques (principalement les zones au centre de l’anticyclone) qui vont favoriser cette accumulation de pollution en particules fines en surface. En bordure, nous avons du vent qui disperse ces particules. En effet, lors d’un anticyclone, on observe plus fréquemment des inversions de température, mais également une absence de vent. La pollution reste bloquée, et va même s’accumuler.
Dans le cas du passage d'une dépression, le vent sera beaucoup plus présent, comme les précipitations. Ces dernières vont avoir un rôle de nettoyant pour notre air pollué en particules fines.
Si nous devions résumer en quelques mots les conditions favorables à une augmentation de la pollution en particules fines : il y aurait un ciel dégagé, peu ou pas de vent, un air sec, du brouillard, ou même de la neige qui refroidirait considérablement notre sol.
L’exemple du pic de pollution du 24 janvier 2017
Ci-dessous, nous avons la situation météorologique (Fig. 2) du 24 janvier 2017 avec des conditions anticycloniques sur la France. Nous n'observons aucune ligne (isobare) sur la France, ce qui signifie qu’il n’y a pas de vent.
Nous retrouvons les données provenant de l’émagramme (mesures sous ballon-sonde) du 24 janvier 2017 à 00h à Trappes. Les données illustrent bien l’inversion de température (carré rouge), avec une évolution positive de la température entre l’altitude 989 hPa (100 m) et 943 hPa (500 m) représentant également l’épaisseur de la couche.
Nous avons ici l’émagramme du 24 janvier 2017 à Trappes, nous pouvons constater qu’il y a eu une inversion de température importante entre 100m et 697m d’altitude. En effet, on retrouve un air plus chaud en altitude. Cette date a été choisie car nous avons constaté le même jour un pic de pollution notable sur l’agglomération parisienne, même s'il était plus important le matin lors de l’inversion de subsidence (sous anticyclone).
La carte ci-dessous montre les relevés de chaque station de l’agglomération parisienne. Elles sont toutes unanimes, il y a eu un pic de pollution aux particules fines.
Impact sur la santé humaine
La pollution atmosphérique a des effets importants sur la santé humaine, notamment des maladies respiratoires, cardiovasculaires et des troubles du système immunitaire. Elle peut par ailleurs aggraver les infections virales et favoriser leur propagation en transportant des particules contenant des virus (Fig.6).
En 2021, Santé publique France publie que chaque année près de 40 000 décès peuvent être attribués à la pollution aux particules fines. Ces décès représentent environ 7 % de la mortalité totale annuelle en France.
Ces valeurs sont potentiellement sous-estimées, et ne reflètent pas les maladies cardiaques et neuro-dégénératives.
Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, plusieurs études ont montré le lien entre les niveaux de pollution aux particules fines et la gravité des symptômes ainsi que la mortalité. Par exemple, une augmentation de la concentration de PM2,5 est associée à une hausse significative du nombre de décès liés au virus (Fig.7).
Certains articles comme ceux du CNRS et de l’INSERM montrent la relation entre la pollution et la mortalité due à la Covid-19 dans 32 régions d’Europe occidentale entre 2020 et 2022. Les résultats montrent que les zones les plus polluées, comme certaines régions d’Italie ou Paris, présentent une mortalité plus élevée, notamment lors des pics de pollution hivernaux.
À l’inverse, les régions moins polluées enregistrent des taux de mortalité plus faibles.
Ce lien reste visible malgré l’influence d’autres facteurs comme les confinements, les conditions météorologiques ou les campagnes de vaccination, qui ont toutefois contribué à atténuer cet effet au fil du temps.

Fig.7 Évolution temporelle de la pollution aux PM2,5 et de la mortalité pour la période 2020-2022 à Paris
Épisodes de pollution aux particules fines sur la région Centre - Val de Loire
En région Centre - Val de Loire, les épisodes de pollution aux particules fines ne sont ni exceptionnels ni systématiques, mais surviennent en moyenne deux à trois semaines par an, avec des intensités variables. Trois types de situations météorologiques et anthropiques favorisent ces épisodes.
En hiver
Le premier concerne les épisodes hivernaux, lors d’anticyclones positionnés sur la France. L’absence de vent, couplée aux émissions liées aux activités industrielles et au chauffage, entraîne une accumulation des polluants en surface. Plus ces épisodes anticycloniques perdurent, plus les concentrations augmentent, comme leurs impacts sanitaires.
Par ailleurs, sous l’effet de ces conditions, les pollutions accumulées par de grandes métropoles comme Londres, Bruxelles ou Paris peuvent dériver vers le sud, y compris sur notre région, qui récupère alors une partie de ces polluants importés.
Intersaison
Le deuxième scénario se produit au printemps et à l’automne, lors des périodes d’épandage agricole, combinées à des conditions anticycloniques ou à des vents faibles. Dans ce contexte, les émissions d’ammoniac issues des engrais participent à la formation de particules fines secondaires, qui se développent dans l’atmosphère à partir de réactions chimiques entre polluants primaires.
Feux de forêts
Enfin, un troisième type d’épisode, plus ponctuel mais marquant, est lié aux feux de forêt. À titre d’exemple, le 14 juillet 2026, le nord de la région, en particulier le Loiret (secteurs de Châteauneuf-sur-Loire, Sandillon et Orléans), a connu une journée de pollution aux particules fines due aux fumées des incendies de la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). De même, autour du 24 juillet 2026, le sud de la région Centre-Val de Loire, entre Bourges, Châteauroux et Tours, a été affecté par les feux de Gironde.
La direction et la vitesse du vent jouent alors un rôle clé dans la dispersion de ces fumées nocives, dont les effets sanitaires dépendent de la durée d’exposition et des concentrations en particules fines et en composés chimiques émis. À proximité des foyers d’incendie, les habitations riveraines sont bien entendu les plus directement exposées.
Dans un contexte de réchauffement climatique, il est prévisible que ces situations deviennent plus fréquentes, augmentant ainsi le risque sanitaire lié aux émissions de particules fines issues des feux de forêt.
Références
Img.1, Taille d’une particule fine 2.5, R-Pur
Img.2, Photo de la capitale parisienne polluée prise en haut du ballon Generali, Jeremy SURCIN
Img.3, Illustration d’une situation en condition météorologique normale, Maël COUPELANT
Img.4, Illustration d’une situation d’inversion de température, Maël COUPELANT
Img.5, Illustration d’une situation d’inversion nocturne, Maël COUPELANT
Img.6, Illustration d’une situation d’inversion de subsidence, Maël COUPELANT
Img.7, Photos de la fumée près de Sandillon (45) le 14 juillet 2026, Jérémy SURCIN
Fig.1, Conditions propices à la pollution aux particules fines, Maël COUPELANT
Fig.2, Carte synoptique du 24 janvier 2017, wetterzentrale,
Fig.3, Données de l’émagramme du 24 janvier 2017 de Trappes, Wyoming University,
Fig.4, Emagramme du 24 janvier 2017 de Trappes, Wyoming University,
Fig.5, Carte de la qualité de l’air à Paris le 24 janvier 2017, Prev’air,
Fig.6, Statistiques sur les causes de mortalité dues aux particules fines,
Autre référence : Articles Scientifiques,
- https://www.pollutrack.net/index.php/pollution/climatologie-pollution
- https://www.pollutrack.net/index.php/pollution/pollution-sante
- https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969722046770
Sites web de référence en termes de qualité de l’air :

![[Dossier] – Météo et pollution aux particules fines](https://www.meteo-centre.fr/wp-content/uploads/2026/07/IMG_20260714_112528_157-scaled-900x444.jpg)



















