Le niveau de la Loire s’approche de celui de la sécheresse de 2003 – le 28 Août 2009

En pleine période d’étiage, la Loire est à son plus bas niveau et son débit est faible. Ce phénomène, naturel, n’en est pas moins surveillé et régulé, car il n’est pas sans conséquences.
Quiconque s’est approché de la Loire ces derniers temps aura remarqué qu’elle était basse. Au niveau du vieux pont de Gien, l’un de ses points de mesure, la cote était de – 0,56 m mercredi midi. Le fleuve est en période d’étiage sévère. Son débit moyen, mesuré en mètres cubes par seconde, est considérablement réduit. Un phénomène qui n’est pas extraordinaire à cette époque de l’année, mais qui est tout de même très surveillé.

Fluctuant autour des 60 m3 par seconde (contre 624 en moyenne en février dernier), le débit de la Loire à Gien s’approche du seuil critique. « Les niveaux sont du même ordre qu’en 2003, l’année de la sécheresse », explique Jean-Marc Jibey, responsable du centre de gestion des crues et étiages au sein de la direction régionale de l’environnement (DIREN). « Mais il y a eu pire », nuance-t-il. « En 1949, on était à 20 m3 par seconde. »

À l’origine, il y a bien sûr la météo et le manque de précipitations de ces dernières semaines. Mais c’est aussi l’alimentation du fleuve par son « chevelu », c’est-à-dire son réseau de petits cours d’eau, et par les nappes phréatiques, qui fait défaut et qui a poussé la préfecture du Loiret à prendre des mesures restrictives. En cause : la consommation d’eau par la végétation et l’évaporation avec la chaleur. Les besoins humains d’alimentation en eau potable, d’irrigation, de consommation pour l’industrie sont également responsables.

Maintenir le débit

Ce tarissement du fleuve n’est pas sans conséquence. L’approvisionnement en eau potable pourrait devenir problématique. Mais l’activité économique peut aussi en pâtir, notamment l’activité agricole. Autre activité utilisatrice de l’eau de la Loire : celle des centrales nucléaires, comme Dampierre-en-Burly, qui prélève l’eau du fleuve pour alimenter leur circuit de refroidissement (voir hors-texte).

Pour éviter d’en arriver là, le fleuve royal est actuellement realimenté et bénéficie de ce que l’on appelle le soutien d’étiage. L’objectif est de maintenir le débit au-dessus des 60 m3 par seconde à Gien. Comme le déficit hydrique provient à l’origine des bassins de l’amont de la Loire et de l’Allier, c’est là que se fait l’intervention. Deux retenues lâchent quotidiennement de l’eau destinée à renforcer le débit de la Loire. Il s’agit du barrage de Naussac (Lozère) pour l’Allier et de Villerest (Loire) pour l’amont de la Loire.

Prudence de rigueur

Naussac fournit actuellement près de 10 m3 par seconde et Villerest 20 m3 par seconde. Autrement dit, sans ce soutien d’étiage, « on aurait moitié moins d’eau », confesse Jean-Marc Jibey. Mais cette intervention a un effet pervers : on ne s’aperçoit pas forçément que le fleuve manque sévèrement d’eau. « Ce n’est pas parce qu’il y a de l’eau dans la Loire qu’il faut la gaspiller », rappelle le directeur. Et le faible débit n’autorise pas pour autant la baignade dans le fleuve, qui ne perd pas sa dangerosité. Il faut notamment se méfier des « langues de chat », ces bandes de sable qui apparaissent quand le niveau de l’eau baisse et qui peuvent s’affaiser sous le poids de l’homme.

Les pluies qui sont tombées en amont récemment devraient en tout cas apporter un peu plus d’eau au fleuve dans les prochains jours.