Perspectives pour l’hiver 2019/2020…

En ce dimanche 1er décembre 2019, premier jour de l’hiver météorologique, voici les dernières tendances météo du prochain trimestre Décembre 2019 – Janvier 2020 – Février 2020…

Copyright : Association Météo Centre.

Un automne météorologique 2019 humide après plusieurs mois de sécheresse…

L’automne météorologique s’est achevé ce 30 novembre 2019… Malgré quelques périodes froides (début septembre et en novembre notamment), c’est la douceur qui a dominé les débats.

Copyright : Météo France.

D’après Météo France, « en moyenne sur la saison et sur la France, la température devrait être supérieure à la normale de 1°C, plaçant 2019 au 6rang des automnes les plus chauds depuis 1900, derrière 2006 (+2,4°C), 2014 (+2,3°C), 2011 (+1,7°C), 2018 (+1,2°C) et 2009 (+1,1°C). »

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Côté précipitations, après un mois de septembre chaud et très sec, la pluie a fait un retour remarqué en octobre et en novembre avec un excédent pluviométrique supérieur à 70% en France sur ces deux mois.

Sur nos régions Centre-Val de Loire et Centrales, ces pluies ont été bénéfiques. En effet, sur les principales stations de Météo France, on a relevé sur l’ensemble de l’automne météorologique 2019 :

  • Auxerre-Perrigny (89) : 230,7 mm (moyenne habituelle : 193,1 mm, soit +19%) ;
  • Avord (18) : 257 mm (moyenne habituelle : 205,2 mm, soit +25%) ;
  • Blois (41) : 202,7 mm (moyenne habituelle : 180,7 mm, soit +12%) ;
  • Bourges (18) : 257,9 mm (moyenne habituelle : 197,1 mm, soit +31%) ;
  • Chartres (28) : 211,1 mm (moyenne habituelle : 161,4 mm, soit +31%) ;
  • Châteaudun (28) : 257,9 mm (moyenne habituelle : 164 mm, soit +57%) ;
  • Châteauroux (36) : 277,9 mm (moyenne habituelle : 203 mm, soit +37%) ;
  • Nevers (58) : 271,4 mm (moyenne habituelle : 215,2 mm, soit +26%) ;
  • Orléans-Bricy (45) : 247,6 mm (moyenne habituelle : 172,9 mm, soit +43%) ;
  • Romorantin (41) : 269,3 mm (moyenne habituelle : 190,2 mm, soit +42%) ;
  • Tours (37) : 229,1 mm (moyenne habituelle : 192,1 mm, soit +19%) ;
  • Vichy-Charmeil (03) : 229,3 mm (moyenne habituelle : 206,7 mm, soit +11%).
Cumuls des précipitations sur la période Septembre 2019 – Octobre 2019 – Novembre 2019 sur les régions Centre-Val de Loire et Centrales (source données : Météo France / copyright : Association Météo Centre). Cliquez sur l’animation pour l’agrandir.

Toutefois, au 24 novembre 2019, malgré une légère amélioration, le niveau des nappes phréatiques restait encore bas sur une bonne partie de nos départements, comme ci-dessous en Centre-Val de Loire. Il faudra un hiver très pluvieux pour combler l’important déficit.

Niveau des nappes phréatiques au 24 novembre 2019 (copyright : DREAL Centre-Val de Loire).

Vers un hiver globalement doux et humide ?

D’après les principaux modèles saisonniers, les basses pressions devraient prédominer sur le Nord de l’Europe. Les conditions anticycloniques s’imposeraient quant à elle vers le bassin méditerranéen. Ce type de configuration serait typique d’un courant majoritairement océanique sur l’Europe (flux d’Ouest perturbé).

Anomalies de pression envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Ainsi, les températures se montreraient globalement plus douces que la normale.

Anomalies de température envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Côté précipitations, les pluies seraient fréquentes sur une bonne moitié Nord de l’Europe. Elles se feraient « plus discrètes » vers la Méditerranée.

Anomalies de précipitation envisagées par l’ensemble des modèles Met Office, Météo France, ECMWF, CMCC, DWD (copyright : Copernicus Climate Change Service).

Notre modèle interne à Météo Centre (modèle statistique de prédiction pour la France) s’oriente aussi vers ces conditions douces et humides. Ce modèle, réalisé par Jérémy Surcin, (l’un de nos administrateurs et climatologue au CNRS), est basé sur 148 variables d’entrées (observations et analyse) qui ont permis d’effectuer une ACP (analyse en composante principale). Nous avons affiné cela par un modèle statistique « cross validation ». Une simulation a été réalisée sur une période de 30 ans (1988-2018) et nous avons obtenu 81% de fiabilité pour les précipitations (91% pour les 10 dernières années). Concernant les températures, nous avons 59% de fiabilité sur les 30 années (67% sur les 10 dernières années). Ce modèle reste expérimental et scientifique. De nouveaux travaux statistiques seront développés et intégrés par la suite afin d’améliorer la prévision. Pour le moment, il n’y a aucun paramètre concernant la physique de l’atmosphère (le chiffre en abscisse est le numéro de simulation correspondant à la date dans le tableau ci-dessous).

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Météo France envisage également une tendance plus douce : « L’hiver sera probablement plus doux que la normale sur une grande partie de l’Europe dont la France, avec une tendance encore plus marquée sur le Bassin méditerranéen. »

Copyright : Météo France.

Toujours d’après Météo France, « la circulation de perturbations océaniques fréquentes devrait ainsi générer des conditions plus humides que la normale sur le nord de l’Europe, tandis que le Bassin méditerranéen, situé sous des champs de pression plus élevés en moyenne, devrait connaître des conditions plus sèches que la normale. »

Copyright : Météo France.

Cet hiver, on se retrouverait alors dans une situation typique d’une Oscillation Nord Atlantique (NAO) souvent positive.

Pour rappel, l’Oscillation Nord-Atlantique (NAO) représente la différence de pression entre les Açores et l’Islande.

Effets de l’anomalie positive et négative de l’ONA sur les systèmes météorologiques (copyright : Martin Visbeck et Heidi Cullen et Pierre_cb).

En hiver, plus la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est positive (30% des régimes en Europe). On observe alors un courant d’Ouest perturbé avec de fréquentes perturbations pluvieuses et venteuses sur l’Europe (notamment sur la partie Nord). Les températures sont alors généralement douces et l’influence est majoritairement océanique.

A contrario, moins la différence de pression est grande entre l’anticyclone des Açores et les dépressions vers l’Islande, plus la NAO est négative (20% des régimes en Europe). On constate alors que le courant d’Ouest reste peu actif voire inopérant : l’anticyclone des Açores et les dépressions près de l’Islande changent de place et peuvent même s’inverser. Dans ce cas de figure, le flux peut s’orienter au Nord/Nord Est voire à l’Est, ramenant le froid en Europe de l’Ouest. Comme les hautes pressions remontent vers le Pôle Nord, le vortex polaire est chamboulé et on peut alors observer un displacement event ou un splitting event.

Les autres régimes en Europe sont les dorsales (23% des régimes en Europe) et les blocages (27% des régimes en Europe).

Anomalie journalière de pression de surface (millibar) correspondant aux quatre régimes de temps d’hiver (de novembre à mars) sur l’Atlantique Nord. Le pourcentage représente l’occurrence moyenne de ces régimes sur la période 1974-2007 (copyright : CNRS).

Questionnement / Réflexion : Toutefois, en apportant quelques nuances par rapport aux modèles météo, un hiver aussi doux que 2013/2014 (+2°C par rapport aux normes) paraît moins probable cette année. En effet, quand on observe la situation actuelle avec de fréquentes ondulations entre l’Amérique du Nord et l’Europe (ondes de Rossby) qui perdurent depuis plusieurs semaines, on constate que la NAO+ a du mal à « franchement » s’imposer (mais pour combien de temps ?). Par conséquent, même si un flux océanique doux et perturbé dominerait bien les débats cet hiver, il pourrait être entrecoupé de périodes plus froides avec de possibles blocages anticycloniques sur l’Atlantique Nord notamment. Un hiver globalement doux en prévision ne veut donc pas forcément dire qu’il ne neigera pas ou qu’il ne fera pas froid… D’autant plus qu’une configuration météorologique prédominante peut cacher de nombreuses disparités. Des surprises peuvent très vite arriver en météo (souvenir de l’hiver 2011-2012 globalement doux mais marqué par une forte vague de froid en février 2012)… Il convient donc d’être prudent sur les affirmations certaines en météorologie. Il faut savoir prendre du recul…

Conclusion : Les dernières tendances en Europe et en France s’orientent donc vers une période Décembre 2019 – Janvier 2020 – Février 2020 plus douce et humide que la normale (+0,5°C à +1°C par rapport aux normes) mais l’excédent thermique ne devrait pas être aussi important que celui de 2013/2014 (environ +2°C sur la France). Même si la douceur devrait prédominer, cela n’empêchera pas quelques incursions froides.

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