VERS DES CONDITIONS CALMES ET ANTICYCLONIQUES JUSQU’A LA FIN JANVIER 2022 ?

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VERS DES CONDITIONS CALMES ET ANTICYCLONIQUES JUSQU’A LA FIN JANVIER 2022 ?

Ces prochains jours, les conditions s’annonceront globalement bien calmes avec la persistance de hautes pressions jusqu’à la fin janvier voire début février sur la France et notre région Centre-Val de Loire… Mais qui dit anticyclone en hiver, ne dit pas forcément soleil ! On vous explique tout cela ci-dessous…

Copyright : Association Météo Centre.

Un blocage anticyclonique durable…

Déjà présentes depuis plusieurs jours, les hautes pressions persisteront tout au long de cette dernière décade de janvier sur la France et notre région Centre-Val de Loire avec un véritable blocage anticyclonique durable, s’étirant des Açores à l’Europe de l’Ouest et apportant des conditions bien calmes et souvent bien « sèches » sur notre territoire. Les pressions approcheront souvent les 1035/1040 hPa dans le cœur de l’anticyclone voire 1045 hPa sur le proche atlantique. Notre pays se retrouvera alors sous l’influence d’un flux mou de Nord-Est à Nord puis de Nord à Nord-Ouest avec des grisailles plus ou moins tenaces au Nord de la France et un temps plus ensoleillé au Sud (hors nuages bas tenaces dans le Sud-Ouest). Les températures s’éloigneront peu des moyennes de saison (légèrement sous les normes) avec de nombreuses gelées matinales. Hormis d’éventuelles incursions de petites gouttes froides, aucun épisode perturbé majeur n’est en vue pour l’instant…

Des conditions anticycloniques propices au maintien du froid et de l’humidité en basses couches…

Qui dit anticyclone en hiver, ne dit pas forcément soleil !

Pour cette dernière décade de janvier, sous un flux anticyclonique mou, de l’humidité glissera sur la moitié Nord de la France (dont notre région Centre-Val de Loire) avec de fréquents nuages bas tenaces maintenant le froid en basses couches. Sous cet anticyclone, hormis quelques incursions froides temporaires (notamment) sur l’Est de la France, la masse d’air en altitude sera plutôt « douce » (valeurs souvent positives vers 1500m d’altitude). Dans ce type de configuration, on observera donc de fréquentes inversions de température (inversion de subsidence) : il fera plus froid dans les fonds de vallées que sur les hauteurs !

En situation normaleplus on monte en altitude, plus la température de l’air diminue (environ 6,5°C en moyenne tous les 1000m) jusqu’à la tropopause. Les masses d’air chaud et les polluants peuvent s’échapper assez facilement dans la troposphère.

Situation normale / pas d’inversion de température (copyright : Association Météo Centre).

En situation d’inversion de température, le gradient de température est positif ou nul (la température monte avec l’altitude). Comme l’air froid est plus lourd que l’air chaud, celui-ci descend vers le sol, tandis que l’autre monte. La couche d’inversion peut s’étaler de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres. On observe principalement cette inversion thermique en période hivernale. En effet, le soleil étant bas dans le ciel et chauffant peu les sols, l’inversion thermique ne s’estompe pas si facilement.

En hiver, lors d’une période prolongée de hautes pressions (comme actuellement), l’anticyclone va agir comme un « couvercle » emprisonnant l’air froid et les polluants en basses couches (possible « smog »), surplombés en altitude par de l’air plus doux. A la limite de ces deux masses d’air, on constate généralement une couche de stratus ou stratocumulus (mer de nuages observée depuis les hauteurs) mais ce n’est pas toujours le cas (divers facteurs en dépendent : taux d’humidité dans l’air, températures, reliefs, mouvements des masses d’air, etc).

Situation d’inversion de température (copyright : Association Météo Centre).

En général, une couche d’inversion peut se former de plusieurs manières :

  • l’inversion de subsidence : elle se forme dans des conditions très calmes en basses couches, lorsqu’un anticyclone assez costaud ramène de l’air d’origine subtropical en altitude. Cet air doux descend vers le sol et plaque l’air froid vers le sol, notamment dans les vallées, piégées par les reliefs jouant le rôle de « barrières ». Ainsi, des brouillards peuvent se former près du sol si le point de rosée est atteint (température à laquelle la vapeur d’eau contenue dans l’air arrive à saturation et se condense = transforme en gouttelettes).
  • l’inversion nocturne : durant les nuits d’hiver et par ciel dégagé, l’air se refroidit rapidement près du sol par rayonnement infrarouge. La masse d’air près du sol est donc plus froide que celle la surplombant (parfois plus de 10°C d’écart sur quelques centaines de mètres). Ainsi, dans certains cas, il arrive que des brouillards se forment près du sol. Si ces derniers se dissipent rapidement ou qu’ils sont absents, l’inversion s’annule. A contrario, s’ils persistent, l’inversion va se maintenir plus longtemps.
  • l’inversion frontale : lors du passage d’un front chaud, l’air doux va petit à petit remplacer l’air froid. Cependant, comme l’air doux est plus léger que l’air froid, celui-ci va glisser sur l’autre et par conséquent, il va limiter l’évacuation de l’air plus froid en basses couches. La couche d’inversion se forme au contact des deux masses d’air.
  • l’inversion d’advection : elle se produit lorsqu’une masse d’air passe sur un sol plus froid (sol gelé et/ou enneigé, rivière, lac, etc). L’air près du sol va alors se refroidir tandis que la masse d’air le surplombant se montrera plus douce.
Copyright : David Bournadet / Association Météo Centre.

Ce phénomène se termine lorsque l’anticyclone se rétracte/s’affaiblit, lorsqu’une perturbation balaie la région concernée ou bien lorsque le vent se lève.

A noter qu’en hiver, lorsque les pressions varient énormément, elles peuvent perturber les ondes de la télévision notamment. Ces dernières peuvent aussi être gênées par une hausse brusque du mercure.

Blocage anticyclonique jusqu’à début février ?

D’après les dernières tendances, ce puissant blocage anticyclonique persisterait jusqu’à début février. On surveillera un éventuel potentiel changement de temps par la suite avec un flux plus perturbé (fiabilité très limitée). Nous confirmerons tout cela dans les prochains jours compte tenu de l’échéance.

Panel de scénarios modélisés par le modèle ECMWF pour début février 2022 en Europe (source : simulations du 20 janvier 2022 via ECMWF). Rouge/jaune/orange = hauts géopotentiels = hautes pressions , bert/bleu = Bas géopotentiels = basses pressions.

Restez informés : www.meteo-centre.fr.

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